Politique – Macron bouscule la donne à droite et à gauche

Le Monde 17 /11/2016
Emmanuel Macron a levé hier le faux suspense en annonçant sa candidature pour 2017. Celui qui a toujours revendiqué son anticonformisme et sa liberté jusqu’à sortir du gouvernement fin août, s’est prononcé dans un centre de formation.
Une symbolique forte pour celui qui a encore martelé « refuser » le « système », se plaçant hors de la logique des partis et répétant sur France 2 que sa candidature n’était « en aucun cas une candidature de ralliement »« Ma décision est irrévocable », a-t-il assuré, en balayant la possibilité de rejoindre M. Hollande. La candidature de M. Macron morcelle un peu plus la gauche, toujours dans l’attente de savoir ce que va faire Hollande, et trouble le jeu à droite.

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Emmanuel Macron déclare sa candidature à l’élection présidentielle le mercredi 16 novembre 2016 dans un centre d’apprentissage à Bobigny (Seine Saint Denis) Photo : Julien Daniel / MYOP Julien Daniel / MYOP / Julien Daniel / MYOP
La gauche est plus éparpillée que jamais, entre les postulants à la primaire organisée par le PS (Arnaud Montebourg, Benoît Hamon…), les ambitions de Jean-Luc Mélenchon (PG) ou de Yannick Jadot (EELV), et le positionnement encore incertain du PC.
La candidature de M. Macron coupe l’herbe sous le pied de l’exécutif puisque les intentions finales de M. Hollande ou de Manuel Valls ne devraient pas être connues avant deux semaines, au mieux. Ce dernier a réagi. Il faut « une expérience qui a été éprouvée par le temps » pour gouverner et « refuser les aventures individuelles ».
Vue de droite, l’opération Macron est perçue comme un parasitage de la primaire avant le premier tour dimanche. Premier visé : Alain Juppé et sa campagne tournée vers l’électorat centriste. Il a tenté de minimiser la menace. « C’est d’abord un problème pour la gauche ». M. Macron « peut mordre à la marge sur le centre », mais « ça n’aura pas de conséquences sur la primaire », a estimé pour sa part François Fillon, qui a la « conviction » que « les Français ne confieront pas leur destin à quelqu’un qui n’a aucune expérience et surtout qui n’a rien démontré ». Les sept candidats à la primaire de la droite se retrouvent ce soir pour un ultime débat avec un François Fillon en progrès et en mesure de troubler le duel Juppé-Sarkozy.
Le Monde 17 novembre 2016

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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