Hollande : être ou ne pas être candidat…

Le Canard Enchaîné – 23/11/2016 – J.-M. Th. –
sans-titre« Le spectre de l’Élysée« , comme il se définit lui-même, laisse planer le doute, au grand dam de tous ses amis pressés qu’il renonce. Angela Merkel sollicite un quatrième mandat quand Sarkozy est défait dans le combat de trop. De quoi donner à réfléchir au Président, qui peut rêver de marcher sur les traces de la chancelière allemande, mais surtout craindre de finir sur celles de son prédécesseur. Il ne faudrait pas que lui aussi fasse le combat de trop, même si 65 personnalités s’élèvent contre le « Hollande bashing ». Et s’il renonçait ? Hollande a testé l’hypothèse ce week-end et a couché sur le papier les explications qu’il pourrait fournir aux Français et à la télévision s’il décidait de raccrocher. « Le Canard » s’est procuré ce brouillon :
        Mes chers compatriotes,
Moi président, j’ai décidé de ne pas me représenter par ce que mon bilan est nul : je n’ai pas réussi à inverser durablement la courbe du chômage et, quelque soient les statistiques retenues, le chômage a augmenté sous mon quinquennat, alors qu’il a baissé dans le reste de l’Europe. La finance « ennemie » est toujours là et les créations de poste dans l’Éducation nationale, l’augmentation du nombre de policiers et de magistrats, les emplois d’avenir n’ont fait que creuser les déficits.
Moi président, j’ai décidé de ne pas me représenter car, plutôt que de fédérer mon camp, je me suis fâché avec mes meilleurs et plus fidèles soutiens. Cécile Duflot, Jean-Marc Ayrault, Claude Bartolone, en expliquant qu’ils n’avaient pas l’étoffe.
Moi président, j’ai décidé de ne pas me représenter pour laisser s’épanouir une nouvelle génération qui réussira là où j’ai échoué. Celle que j’avais faite ministre et qui m’a abandonné : Benoît Hamon, Aurélie Filipetti, Arnaud Montebourg.
Moi président, j’ai décidé de ne pas me représenter pour permettre à ceux que j’avais fait rois et qui m’ont trahi, comme Emmanuel Macron, à ceux qui rêvent de le faire, tel Manuel Valls, de défendre avec force les valeurs et idéaux de la gauche.
Moi président, j’ai donc décidé de me retirer sans combattre, parce que seuls les combats qu’on ne mène pas sont perdus d’avance. Plutôt que de courir le risque, fut-il infime, de gagner, je choisis la certitude perdre et de sortir de l’Histoire par la plus petite porte. »
Quand Hollande a relu son brouillon, François Fillon, au plus bas dans les sondages pendant la campagne de la primaire de la droite, avait gagné dès le premier tour à la surprise générale. Hollande s’est alors pris à rêver. Et si les sondages se trompaient et qu’il avait 80 % de bonnes opinions ? C’est alors qu’il a déchiré le brouillon de son abdication.
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