C’est reparti comme en 40

Zero Hebdo – décembre 2016 –
Oui, la période est inquiétante. mais ce ne sont pas tant les évènements qui sont le plus angoissant. C’est cette fâcheuse tendance de nos contemporains à oublier les pages d’histoire qu’ils viennent à peine d’écrire. Hier comme aujourd’hui, la bassesse fait recette. Certains s’en offusquent. D’autres s’en réjouissent et se gavent à sa santé.
xenophobie-lump-triste-habitude-l-1dvu3kInutile de vous dire que la période actuelle sent le moisi et le rance. Jamais, de mémoire de scribouillard satirique, nous n’avons assisté a une telle institutionnalisation de la haine, une banalisation un rejet, une validation du mépris et de la xénophobie. Jamais.. Ce n’est pas totalement exact. en vérité, la France et bien d’autres pays autour d’elle ont connu ce phénomène dans leur histoire. Le cas est connu. Presque clinique. L’ignorance nourrissant la peur qui, elle-même vient nourrir la haine. Le schéma typique des pires tragédies contemporaines. Depuis quelques années déjà, des tensions intercommunautaires se font jour. Atout d’une politique court-termiste basée sur la xénophobie, réaction épidermique d’une société qui ne sait plus débattre. Les raisons de cette escalade sont nombreuses. Et les responsables le sont tout autant. De droite, de gauche, du centre (pour ce qu’il reste, bien entendu, du centre), tous procèdent d’une même paresse intellectuelle et d’une laideur d’âme qu’on doit dénoncer et qu’on devra juger un jour.
La connerie ne pousse pas sur les arbres
ges004-sciences-politiqueseurae_1302879007_thumbnailLa connerie n’est pas une question de génétique. Ça peut paraître évident. Mais certains tiennent le rejet de l’autre comme l’expression de ressenti des différences entre les « races ». fruit d’une ignorance crasseuse et de noirs desseins, ce terme de « race » légitime les pires atrocités depuis des siècles. La colonisation, si chère à François Fillon (notamment) qui voyait en elle un moyen de partager notre culture, s’est elle-même appuyée sur l’ascendant « naturel » de la race blanche sur les autres. Or les tenants de cette thèse foireuse auraient sans doute dû prendre leurs livres sacrés dans le bon sens et ne pas cherche à en exploiter certains extraits pour bâtir leur argumentaire. Mais quand on veut vraiment se lancer dans l’exploitation de son prochain, on trouve toujours de très bons arguments pour ça. Oui… Vous savez, ces gens ne sont pas comme nous, ils ne parlent pas la même langue, ne pensent pas comme nous, n’ont pas le même Dieu… Parce que, oui, tout démarre plus ou moins de là. La légitimité de la domination d’un peuple sur les autres provient d’une intense masturbation intellectuelle.
L’étranger
img_0485Le traitement que subissent nos contemporains musulmans (et, accessoirement nos frères et sœurs en humanité), découle directement de cette vague impression que les non-musulmans (comprenez majoritairement les chrétiens et, si possible, bien blancs) sont plus normaux et bien adaptés à la France (qu’elle soit éternelle ou non). Vaste blague, donc. Mais une blague hélas prise au sérieux par de plus en plus de monde dans l’espace public. Qu’il s’agisse de politiciens foireux en mal d’idées pour l’avenir du pays ou de simples bourrins avides de haine, les thèses raciales ont de beaux jours devant elles. Tout, ici, se mélange dans un magma médiatique indigeste et fusionne pour créer un grand tout. Chômage, délinquance, terrorisme, dérèglement climatique… Tout semble provenir d’un seul et même coupable : l’étranger. Pas celui de Camus, mais un autre, plus vague, plus chimérique. L’étranger, quoi… Ça devrait suffire, non ? 

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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