France : l’impossible débat sur la légalisation du cannabis

Siné Mensuel – décembre 2016 – Léa Gasquet –
Le débat sur la législation du cannabis est un serpent de mer qui revient à chaque échéance électorale. Mais aucun responsable politique, une fois élu, n’a eu le courage de s’attaquer à ce sujet sensible et complexe.
D’ailleurs, de quoi s’agit-il quand on parle de légalisation? En France, et plus largement en Europe et aux États-Unis, les débats portent sur la dépénalisation de l’usage de stupéfiants. Il s’agit, en clair, d’arrêter de taper sur les consommateurs en ne les envoyant plus devant les tribunaux. Les dealeurs, eux, ne sont pas concernés par cette hypothétique loi. Le Portugal est le seul pays d’Europe à avoir franchi une étape supplémentaire en décriminalisant l’usage de stupéfiants, c’est-à-dire que la consommation de drogues n’est plus un délit mais une simple infraction. L’Uruguay, est allé plus loin. C’est le premier pays à avoir légalisé le commerce du cannabis en organisant un marché d’État…
En France, le simple fait de consommer du cannabis est passible d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende. La police, loin de concentrer son action sur les gros trafiquants, ne se prive pas de faire du chiffre sur le dos des consommateurs. Le nombre d’affaires pour « usage » a été multiplié par sept en vingt ans quand celui du trafic a seulement doublé. En condamnant les usagers et les petits dealers à des peines d’incarcération, les tribunaux, engorgés par les affaires de drogue, engorgent à leur tour les prisons. En dépit de cette politique répressive, les français sont les plus gros fumeurs de cannabis d’Europe.

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80 % de nos compatriotes jugent la politique actuelle sur les drogues inefficace La Cour nationale des droits de l’homme s’est prononcée au mois de novembre en faveur de la dépénalisation du cannabis et la moitié des français souhaitent un débat sur sa légalisation pendant la campagne présidentielle. Selon Manuel Valls, le débat « est déjà clos ».
Au sein du Parti socialiste, les avis divergent. Hollande et son ancien Premier ministre, on l’aura compris, sont absolument contre. Montebourg aussi. Macron, ni de droite ni de gauche, ni pour ni contre, se garde bien de prendre position. Gérard Filoche et Benoît Hamon plébiscitent la régulation par l’État, un modèle qui pourrait rapporter jusqu’à 1,3 milliards d’euros de recettes fiscales, selon une étude du think tank Terra Nova. Le candidat écolo Yannick Jadot est également de cet avis.
La « gauche de la gauche » hésite. Jean-Luc Mélenchon (FG) et Pierre Laurent (PCF) se sont déclarés en faveur de la dépénalisation,  Nathalie Artaud (LO) est indécise alors que Philippe Poutou (NPA) assume sa position en faveur de la légalisation depuis la dernière campagne présidentielle.

JIHO - Vignerons

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