Afrique – République démocratique du Congo, un pays au bord du chaos

Le Monde 20/12/2016
Le compte à rebours s’est achevé, à 23 h 59, le 19 décembre, jour de tous les dangers, car il marque la fin du deuxième et dernier mandat du président congolais Joseph Kabila.
Agé de 45 ans, il est au pouvoir depuis quinze ans et la Constitution lui interdit de se représenter. L’élection présidentielle qui devait permettre de trouver un successeur au dirigeant a été repoussée à au moins avril 2018. Le Soir

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Un homme arrêté par un représentant des forces de l’ordre à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu (RDC), le 19 décembre. Toutes les grandes villes congolaises ont été placées sous étroite surveillance policière et militaire. GRIFF TAPPER / AFP
La République démocratique du Congo (RDC), vaste Etat de 70 millions d’habitants ravagé par deux guerres entre 1996 et 2003, est dans une impasse politique. Le dialogue initié par des évêques catholiques et qui réunit la majorité présidentielle et le Rassemblement de l’opposition n’a pas été fructueux.
Lundi, à 23 heures, M. Kabila a annoncé à la télévision publique un nouveau gouvernement sans attendre les résultats de la médiation de l’Eglise catholique. BBC
Dans la capitale congolaise et plusieurs autres grandes villes du pays, la psychose était à son comble, rapporte Jeune Afrique. Un important dispositif militaire et policier est visible à Kinshasa depuis le week-end dernier. Les points de contrôle et les fouilles de véhicules se sont multipliés.
Craignant des dérapages lors des manifestations annoncées pour réclamer le départ de Joseph Kabila du pouvoir, la Belgique, ancienne puissance coloniale, a demandé à ses ressortissants de quitter le territoire congolais.
Certains partis de l’opposition ont appelé la population à descendre dans la rue lundi. L’opposant historique Etienne Tshisekedi a appelé mardi matin la population à la « résistance pacifique » contre le président Kabila. Deutsche Welle
L’homme d’affaires en exil Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga et candidat déclaré à la présidentielle, qu’un récent sondage désigne comme « l’homme politique le plus populaire en RDC », a appelé au « transfert pacifique du pouvoir ». The Guardian
Aussi paradoxale que cela puisse paraître, M. Kabila ne veut pas forcément rester aux manettes, estime The New York Times. Il s’accrocherait au pouvoir parce qu’« il a peur pour sa famille, pour sa sécurité et pour sa santé ».
Pour Jason K. Stearns, écrivain et ancien expert de l’ONU qui dirige le Groupe d’études sur le Congo, cité par le journal, M. Kabila est piégé dans un labyrinthe qu’il a lui-même construit. « C’est ce qui rend la situation particulièrement complexe et volatile », a-t-il ajouté, prédisant « plusieurs années troubles à venir ».

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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