Vaccination : l’ultime trahison

Journal mensuel alternatif l’âge de faire – janvier 2017 – Nicolas Bérard –img_0516
Pour lutter contre la défiance grandissante de la population vis-a-vis des vaccins, un rapport préconise… de les rendre tous obligatoires !
« Un exemple de médiocrité intellectuelle, de déontologie approximative, de transparence douteuse (…). » L’association Formindep (1) n’a pas de mots assez durs pour qualifier le rapport final de la « concertation citoyenne » organisée autour de la vaccination. A bien y regarder, on se demande en effet comment ses rédacteurs auraient pu faire pire, ne serait-ce qu’en découvrant l’une de leurs principales recommandations : puisque la population est effectivement de plus en plus méfiante vis-a-vis de la politique vaccinale, il convient, selon eux, de passer le nombre de vaccins obligatoires pour les enfants de 3 (le fameux DTP – diphtérie, tétanos, poliomyélite) à 11 (2) ! Jackpot pour les labos pharmaceutiques, effarement à la société civile… Mais que cette dernière se rassure : cette obligation ne durera qu’un temps. En effet, ces actions devraient « renforcer l’adhésion de nos concitoyens » à la vaccination, pensent-ils, et donc par la suite « permettre de lever le statut obligatoire des vaccins« .
Une concertation venue de loin
Fiasco de la campagne de vaccination contre le virus H1N1, polémique autour du vaccin contre l’hépatite B, conflits d’intérêts, mais aussi abandon par les laboratoires du vaccin DTPolio simple et sans adjuvant aluminique… En 2010, 4 Français sur 10 avaient perdu confiance en la politique vaccinale. En 2015, une pétition exigeant le retour du vaccin simple DTP sans aluminium dépassait le million de signatures. La ministre de la santé Marisol Touraine a finalement dû réagir en organisant une « concertation citoyenne » à l’automne, qui a recueilli plus de 10 000 contributions . Le rapport signale qu’elles expriment souvent « un rejet envers le caractère obligatoire des vaccins ainsi qu’une défiance envers les laboratoires pharmaceutiques et le corps médical« . La suite montrera donc que ces remarques n’ont absolument pas été prises en considération.
Conflits d’intérêts
Didier Lambert est président de l’association E3M (3). Dans une contribution écrite, il explique que la perte de confiance de la population envers la politique vaccinale est notamment due « au manque de transparence dans son élaboration et sa mise en œuvre« . Puisqu’il s’agit de « restaurer la confiance« , cette concertation doit faire preuve d’une parfaite images« transparence« . Problème : le comité d’orientation de ce débat comprend au moins deux personnes présentant « des liens d’intérêt manifestes avec l’industrie pharmaceutique » . Didier Lambert cite notamment le cas du professeur Claire-Anne Siegrist, dont la « chaire de vaccinologie à Genève est largement financée par la Fondation Mérieux, elle-même financée notamment pas Sanofi-Pasteur, grand utilisateur d’aluminium pour ses vaccins« . Ça fait désordre. D’autant que cette même dame « et un informaticien ont mis au point un logiciel de gestion vaccinations évoluant vers le carnet de vaccination électronique dont ils sont propriétaires et qu’ils commercialisent via leur start-up« . Est-ce un hasard, d’ailleurs, si le rapport préconise « la mise en place d’un carnet de vaccination électronique » ? Quand à la question centrale de l’aluminium, elle sera totalement oubliée par par les rapporteurs.
Maigres justifications
Claire-Anne Siegrist nous a fait savoir que « les membres du comité ont choisi de ne pas s’exprimer à titre individuel, laissant à leur président, Alain Fisher, la responsabilité de répondre au nom de tous« . Sur le site Internet dédié à l’opération, il est indiqué que « le comité d’orientation a jugé, par un vote entériné par la déontologue en séance plénière du comité, que les compétences mondialement reconnues du Pr Siegrist en matière de recherche académique apportent un éclairage indispensable aux propositions du rapport« . Il faudra se contenter de ces maigres justifications. mais les organisateurs ont quand même, d’une certaine manière, pris en compte les remarques de l’association E3M : si vous téléchargez aujourd’hui les annexes du rapport final, vous n’y trouverez aucun trace des critiques de Didier Lambert, puisque les 6 pages qui concernaient les problèmes de conflits d’intérêt, publiées dans la première version du rapport, ont finalement été expurgées du texte (4)… De quoi redonner confiance ! Il revient désormais à la ministre de suivre, ou non, ces recommandations.

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(1) l’association Formindep milite pour que les recommandations vaccinales soient élaborées avec rigueur scientifique et sans conflits d’intérêts. www.formindep.org
(2) il s’agirait d’ajouter les vaccins contre la coqueluche, l’hépatite B, la bactérie Haemophilus influenzae, le pneumocoque, le méningocoque C, la rougeole, les oreillons, la rubéole.
(3) L’association E3M (entraide des malades myophasciite à macrophages) milite pour plus de transparence et la réintroduction de vaccins sans aluminium, cet adjuvant étant fortement soupçonné de provoquer la myophasciite à macrophages. www.asso-e3m.fr
(4) La première version du rapport est toujours téléchargeable sur www.formindep.org

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