D’autres modes de scrutin sont possibles !

L’âge de faire – janvier 2017 – F.G. –
Des citoyens-chercheurs ont réfléchi à d’autres modes d’élection qui refléteraient plus finement nos aspirations. Les citoyens lambda ne sont pas plus sots que les élus et sont capables d’écrire aux-mêmes les règles du jeu démocratique : ateliers constituants, assemblées villageoises, tirage au sort, méthodes de l’éducation populaire…
11029561_1578365419068470_4486491652348324284_nLors des soirées électorales, les experts n’en finissent pas d’interpréter les messages envoyés par les urnes. Ils savent ce que les électeurs ont voulu dire -même s’ils sont rarement d’accord entre eux. Les électeurs apprennent ainsi qu’ils ont voté « par protestation« , « contre l’Europe« , qu’ils ont « voté utile« , qu’ils ont voulu « adresser un message« … mais ne jetons pas la pierre aux experts du commentaire – du moins un peu trop fort : il est vrai qu’un même bulletin peut vouloir dire « Applique ton programme« , ou « Tout sauf ton adversaire« , ou encore « je ne suis pas d’accord avec tout ce que tu dis, mais bon, il faut bien voter pour quelqu’un« . En mélangeant des intentions différentes, l’élection peut prêter à malentendu sur les véritables préférences des votants. L’exemple a été donné en 2002, quand jacques Chirac a cru que 82 % des français aveint plébiscité son programme… c’est dommage qu’un malentendu se produise quand 40 millions de citoyens délèguent leur pouvoir à une poignée d’hommes qui prendront des décisions à leur place !
Vote par approbation
shutterstock_145615297Pour rendre la démocratie plus démocratique, des chercheurs ont réfléchi à des modes de scrutin qui concilieraient finement les préférences individuelles pour convenir d’élus les plus représentatifs possibles. Par exemple, le vote par approbation consiste à choisir autant de candidats que l’on veut (souvenez-vous du panachage, limité depuis 2013 aux communes de moins de 1 000 habitants). Appliqué aux présidentielles, il éviterait le dilemme du vote utile en permettant de s’exprimer pour les « petits » candidats sans pour autant fausser les intentions pour les favoris. C’est également le cas du système de vote « par valeur » qui consiste à se prononcer, sur une échelle de -10 à 10. Ainsi, l’électeur ne glisse qu’un bulletin sur lequel est exprimé son jugement un peu plus précis qu’un simple oui ou non. L’élu est celui qui recueille la meilleure note (cela peut être un 8 ou un 2), et on peut imaginer, si personne n’atteint une note positive, que cela déclenche une élection pour réformer la Constitution.
Ces systèmes sont-iles trop compliqués à mettre en œuvre ?En Australie, on utilise le vote dit alternatif depuis 1918. Les électeurs sont amenés à classer les candidats par ordre de préférence. On compte les voix des candidats premiers sur les bulletins. Si un candidat obtient la majorité absolue des voix, il est élu. Sinon, on supprime le candidat qui est arrivé le moins souvent en tête et on barre son nom dans tous les bulletins des électeurs, modifiant ainsi le rang des candidats placés sur les bulletins après le candidat éliminé. De nouveaux, on compte les voix des candidats premiers de liste… On répète l’opération jusqu’à obtention d’une majorité absolue. Le vote alternatif est également utilisé pour l’élection présidentielle en Irlande ou pour les élections municipales à San Francisco.

A propos werdna01

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