Pataquès au Sénat autour de la nomination d’une candidate du CSA

Le Canard Enchaîné – 18/01/2017 – Christophe Nobilis –
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Le collège du CSA en janvier 2013 : Olivier Schrameck, président du CSA, et les membres du Conseil, Françoise Laborde, Francine Mariani-Ducray, Christine Kelly, Nicolas About, Mémona Hintermann-Afféjee, Emmanuel Gabla, Patrice Gélinet et Sylvie Pierre-Brossolette. Crédits photos : Ladli/CSA –
A trois mois de la présidentielle, le Conseil supérieur de l’audiovisuel est en plein renouvellement : trois de ses huit membres partent, deux autres arrivent. Comme de bien entendu, Claude Bartolone, le patron socialiste de l’Assemblée a choisi d’y nommer, un ex-militant du PS, le conseiller d’État Jean-François Mary, jadis attaché de presse de Mitterrand à l’Élysée. Comme de bien entendu, Gérard Larcher, le patron LR du Sénat, a consulté sa Madame audiovisuel, la sénatrice UDI Catherine Morin-Desailly, qui l’a mis sur la voie d’une proche : la productrice Carole Bienaimé Bresse.
Le mercredi 18, les deux candidates devaient passer un grand oral devant la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée et celle du Sénat, qui doivent valider les nominations à la majorité des trois cinquièmes. La favorite de Larcher aura beaucoup à raconter sur ses exploits dans l’audiovisuel… et devant les tribunaux.
Ardoises et chèques en bois
12074809-731998713571888-2111775294825982073-n-jpg-oh-079aed77ec3cd272ee9cc2f3354c6cf7-oe-56940444Fondatrice, en avril 2011, de la boîte de documentaires April Snow Films & Capital, Carole Bienaimé Bresse a laissé derrière elle plus de factures impayées que d’images télé. Résultat : deux condamnations, certes modestes, mais qui font désordre ,sur le CV de cette gestionnaire d’élite, envoyée par Larcher jouer les gendarmettes de l’audiovisuel. Le 28 novembre 2013, premier revers devant le tribunal de grande instance de Paris :12 213 euros de rappel de salaires et de droits d’auteur à payer à un réalisateur. La productrice lui avait commandé un docu sur le créateur de mode Jean-Charles de Castelbajac, mais sa rémunération s’est limitée à un premier – et dernier – versement (2 000 euros), et son nom a disparu lors de la promotion du film.
Le 31 décembre 2014, rebelote. Cette fois, cette fois c’est le tribunal de commerce de Paris qui ordonne à la mauvaise payeuse de régler 18 574 euros dus à Avidia, une société à laquelle elle avait confié l’intendance pour la production de trois docus, sur Jean-Paul Gaultier, Karl Lagerfeld et Abraham Lincoln (cherchez l’intrus…), et qu’elle a payée avec un beau chèque en bois. Au procès, trois intermittents employés par la productrice sont venus témoigner : eux aussi ont hérité d’un chèque sans provision et ont mis des mois – après recours aux prud’hommes – à récupérer leurs cachets.
cheque-en-bois-300x143La société Avidia, malgré le jugement de décembre 2014, n’a de son côté, jamais récupéré un centime. Bienaimé Besse n’a pas eu besoin de de faire appel. Un mois et demi plus tard, le 17 février 2015, sa société April Snow était mise en liquidation judiciaire… Que ses créanciers se rassurent : une fois nommé e au CSA, la productrice va émarger à plus de 11 000 euros par mois pendant six ans , plus une septième année rémunérée à ne rien faire (??). Çà devrait l’aider à payer ses petites dettes !
Lire aussi : Pataquès au Sénat autour de la nomination d’une candidate du CSA – (Le Monde 18/01/2017 – Alexis Delcambre)
Patatras. Le Sénat tenait sa candidate au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), dont il doit nommer un nouveau membre pour lundi 23 janvier en remplacement de Nicolas About, ancien président du groupe centriste de la Haute Assemblée, arrivé en fin de mandat. L’audition de la productrice Carole Bienaimé-Besse, suivie d’un vote, était programmée pour mercredi 18 janvier. Mais celle-ci a été annulée en catastrophe la veille au soir. « C’est un peu inhabituel, euphémise-t-on dans l’entourage de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication. Mais les sénateurs écoutent et lisent, et ils ont décidé de se donner le temps nécessaire pour un débat informé et apaisé. »
Car depuis le 13 janvier, date de désignation de Mme Bienaimé-Besse par le président de la seconde chambre, Gérard Larcher, le petit monde de la production est en ébullition… –>La suite ici

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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