International – La vraie nature de Trump

Dans le rôle du grand redresseur des torts que l’« élite » a causés au « peuple » américain, le président élu Donald Trump est-il crédible ?

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Le Monde | 19.01.2017
Trump sera-t-il un simple président de droite ?
Prenons ce qu’il y a de plus intéressant chez Donald Trump. Son élection est, largement, l’expression d’une colère ou d’une souffrance. L’homme qui rentre ce vendredi 20 janvier à la Maison Blanche se veut le porte-parole de ceux que la mondialisation a laminés. A 70 ans, costume de milliardaire coupé large, ce démocrate passé républicain, à qui le « système » n’a rien refusé, se présente comme l’avocat du « peuple » – entité confuse mais à laquelle les « élites » ne penseraient qu’à faire du mal.
Trump se vit comme un président de rupture. Il a fait campagne au nom de ceux que la globalisation économique néolibérale a malmenés : il va les sortir de ce mauvais pas, jure-t-il. Ce profond malaise, économique, social et culturel, Trump ne l’a pas inventé. Le couple mondialisation-révolution technologique est passé par là. Il a causé des dégâts humains considérables. Si les Noirs et les plus pauvres des Américains ont majoritairement voté pour Hillary Clinton, son adversaire a récolté, dans des bastions traditionnellement démocrates, les suffrages de la classe ouvrière blanche.
Ambitions prométhéennes
Mais il a aussi bénéficié, ici et là, du soutien d’une classe moyenne masculine victime d’un triple mal-être : statut professionnel déclassé et dévalorisé ; revenus stagnants ou en baisse depuis des années ; omniprésence d’une culture libertaire urbaine vécue comme de plus en plus hostile au credo américain. La crise de 2008 a laissé des traces. L’indicateur le plus clair – et le plus terrible – de cette souffrance figure dans l’étude de deux chercheurs de la National academy of science, Anne Case et et le Nobel d’économie Abbgus Deaton, publié en décembre 2015. Elle montre une hausse de la dépendance aux stupéfiants, du taux de suicide et une durée de vie en nette régression chez les Américains blancs non hispanique de 45 à 55 ans au XXIème siècle. Sans précédent de puis la guerre.
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Il a assemblé une des équipes de gouvernement les plus libérales  ( au sens français du terme )  et les plus conservatrices de ces dernières années. Jamais la banque Goddman Sachs – qu’il a vilipendé pendant sa campagne – n’a été aussi présente dans un gouvernement américain. L’élite de Wall Street s’installe à Washington. Trump est le premier président de l’histoire du pays à n’avoir jamais rendu public ses impôts. Contre toutes les règles de l’éthique, il se refuse à céder vraiment la main sur ses propres affaires. L’élite du business de l’immobilier prend ses quartiers à la Maison Blanche.
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par Alain Frachon frachon@lemonde.fr

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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