Japon : vers une possible abdication de l’empereur

drapeau-japon_180-gifLe Monde 25/01/2017
Le Japon se prépare, étape par étape, à une abdication de l’empereur, peut-être à la fin de 2018 ou au début de 2019. Une législation spéciale pourrait autoriser Akihito à abandonner sa charge, qui échoirait à son fils, le prince héritier Naruhito.

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L’empereur du Japon, Akihito, prononce un discours lors de la cérémonie d’ouverture de la Diète (le Parlement), à Tokyo, le 20 janvier 2017. KAZUHIRO NOGI / AFP
Va-t-il, comme il en avait exprimé le souhait, pouvoir abandonner sa charge ? Lundi, une commission mise en place par le gouvernement de Shinzo Abe a laissé entrevoir la possibilité que l’empereur du Japon, Akihito, puisse être autorisé à abdiquer, et ce par le truchement d’une législation spéciale. The New York Times
A supposer que le processus se poursuive jusqu’à son terme, une nouvelle page de l’histoire de l’archipel nippon devrait s’écrire à partir de la fin de 2018 ou du début de 2019, avec l’accession au trône du Chrysanthème du prince héritier Naruhito, âgé de 56 ans.
Fils d’Hirohito, mort en 1989, Akihito, qui ne possède aucun rôle politique en vertu de la Constitution de 1947, cherche depuis quelque temps à se mettre en retrait. A l’été, il avait justifié ce choix par son âge avancé – 83 ans – et son état de santé déclinant, ce qui avait déclenché un débat houleux sur la question de la succession au sein de la plus vieille monarchie du monde.
De fait, si plusieurs monarques européens ont cédé la place à la génération suivante au cours des dernières années, que ce soit en Espagne (Juan Carlos Ier), en Belgique (Albert II) ou aux Pays-Bas (Beatrix), aucun empereur du Japon n’a abdiqué depuis Kokaku (1771-1840), en 1817, rappelle The Wall Street Journal.
La possible révision du code de la maison impériale devrait-elle être permanente, autrement dit s’appliquer, non seulement à Akihito, mais aussi à tous ses successeurs ? La commission n’y est pas favorable, car elle estime que « la continuité dynastique est le fondement de la nation japonaise ». A cela s’ajoute un autre argument, celui de se prémunir contre toute « abdication arbitraire » qui serait le fruit de pressions politiques. The Japan Times, The Yomiuri Shimbun
A ce stade, préliminaire, certaines questions demeurent encore en suspens, notamment sur le lieu de résidence de l’empereur ayant abdiqué, son titre et sa capacité (ou non) à s’exprimer en public. Autant d’inconnues qui hérissent les plus conservateurs, nostalgiques du système qui prévalait avant la deuxième guerre mondiale, lorsque l’empereur était considéré comme un Dieu vivant, souligne The Financial Times.
Au sein de la population, les mentalités sont moins rigides. D’après un récent sondage, relayé par le quotidien Mainichi Shimbun, 65 % des personnes interrogées se disent favorables à une révision permanente, 22 % à une législation spéciale ne s’appliquant qu’à Akihito et seulement 4 % sont contre l’abdication de l’actuel empereur.

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