La grande arnaque des «anti-système» et « anti-caste »

AimerBethune 26/01/2017

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C’est devenu une sorte de mantra, de passage obligé de tous les politiques. Dénoncer le « système » permet surtout aux candidats à la présidentielle de s’exonérer de leurs responsabilités
 La campagne de 1995 s’était jouée sur la fracture sociale ; celle de 2002 sur l’insécurité ; celle de 2007 sur le malaise identitaire… 2017 sera sans doute celle du procès des élites et du « système ». Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, et même François Fillon se revendiquent tous « hors cadre politique », « anti-système », « anti-establishment », etc.
 Analyse d’un étrange phénomène.
«  Donc tout le monde serait bien inspiré de voir ce qui s’est passé aux États-Unis avec la mobilisation des jeunes actifs autour de Bernie Sanders, en Angleterre autour de Jeremy Corbyn, autour de Podemos en Espagne  », a déclaré Benoît Hamon, au soir de sa victoire au premier tour de la primaire de la gauche. Le candidat a d’ailleurs été félicité sur Twitter par Yanis Varoufakis, l’ex-flamboyant ministre de l’Economie grec. L’«  ingénu  », vantant une social-écologie utopique, se réfère ainsi à l’«  internationale antisystème.  » Il faut dire que l’«  anti-système  » est très tendance en ce moment.
Etre «  antisystème  », c’est comme avoir la grippe  : c’est très, très contagieux. Tous les candidats à l’élection présidentielle s’y sont mis, alors que jusqu’ici c’était le sujet de prédilection de Marine Le Pen. Primus inter pares, Emmanuel Macron, qui, lors de sa déclaration de candidature, le 16 novembre 2016, s’en est pris au système politique. «  Ce système, je le refuse […] J’ai pu mesurer ces derniers mois, ce qu’il en coûte de refuser les règles obsolètes et claniques d’un système politique devenu le principal obstacle à la transformation du pays  », a-t-il déclamé. Et d’un  ! François Fillon lui, fustige volontiers l’establishment et le microcosme. Et de deux…et ils ne sont pas les seuls…
Anti-caste
 C’est en Espagne et en Italie que ce terme s’est récemment imposé dans le débat public. De l’autre côté des Pyrénées, il a marqué et accompagné l’irruption de Podemos sur la scène politique en 2014. Son secrétaire général, le professeur de sciences politiques Pablo Iglesias, expliquait avoir repris ce mot qu’utilisaient au début du siècle des politologues italiens comme Gaetano Mosca ou Vilfredo Pareto. Le parti a cependant quasiment cessé d’employer ce terme, surtout après les élections locales et municipales de mai 2015 qui ont vu Podemos et ses alliés remporter plusieurs mairies, dont celle de Madrid et Barcelone.
Le Mouvement 5 étoiles (M5S) italien en fait lui aussi un usage immodéré, la « caste » servant surtout à dénoncer les privilèges et autres traitements de faveur, essentiellement financiers, réservés au personnel politique. C’est sur la détestation radicale des élites économique, politique et médiatique que la formation de Beppe Grillo a bâti ses succès dans les urnes : en juin, Virginia Raggi du M5S a ainsi largement remporté l’élection municipale à Rome.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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