Deux-Sèvres – Environnement : Fin de règne pour l’arbre emblématique du Marais Poitevin

La Nouvelle République 20/01/2017

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La maladie des frênes a débarqué. Et la majorité d’entre eux sont vieillissants. Le parc lance une vaste opération pour changer petit à petit le paysage.

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Catherine Tromas et François Bon. « Nous avons un paysage hérité du XIXe siècle. »
De forts soupçons sont nés à l’automne. Soupçons confirmés ces jours-ci : le champignon tueur de frênes est bel et bien arrivé dans le Marais. Un foyer de chalarose, la maladie qu’il propage, vient d’être détecté au Vanneau.
Aucun remède contre ce fléau parti de Pologne dans les années 1990. La maladie s’attaque aux seuls frênes. Essence qui représente 80 à 90 % de la trame arborée du Marais. Son arrivée rend d’autant plus pertinent le travail mené depuis deux ans par le parc naturel régional.

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Car avant même la maladie, se posait la question du remplacement du frêne têtard dans le paysage maraîchin. Les frênes actuels ont un siècle ou deux d’existence. C’est-à-dire qu’ils sont arrivés en fin de vie.
«  Anticiper sa disparition  »

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« Nous avons un paysage hérité du XIXe siècle. Or, un frêne vit 200 ans. Le vieillissement a poussé à anticiper sa disparition », expliquent Catherine Tromas et François Bon, vice-présidents du parc.
Concrètement, les pouvoirs publics vont aider financièrement les propriétaires qui vont planter ou replanter. Un appel à projets est lancé. Attention, pas question d’arracher les frênes : c’est d’ailleurs interdit, l’essence étant protégée. Et on ne replantera pas non plus n’importe quel arbre. Six espèces ont été sélectionnées après un travail de longue haleine mené par un collectif de scientifiques (agronomes, botanistes), des habitants, des associations, des professionnels de l’agriculture et du tourisme : les forces vives du Marais liguées pour un « plan paysage ».
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C’est une partie du Marais qui va changer de visage, tant le frêne têtard y fait figure de totem. Le têtard, ce n’est pas juste pour faire joli : la coutume s’est prise de le tailler de cette façon pour faire du bois de chauffage. Les nouvelles essences qu’on va pouvoir planter, ont été sélectionnées parce qu’on peut les tailler en têtard, et pour certaines pour leur pouvoir calorifique et leur intérêt économique.
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« L’aspect du Marais va changer petit à petit, indique Catherine Tromas. Mais un paysage n’est pas quelque chose de figé, il évolue. Celui du Marais va devenir moins uniforme, plus diversifié : il sera moins fragile en cas de nouvelle menace. »
nr.niort@nrco.fr
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Tout propriétaire souhaitant solliciter une aide pour un projet de plantation doit s’adresser au parc naturel régional du Marais poitevin.
> Tél. 05.49.35.15.20.
> Mail. j.ancelin@parc-marais- poitevin.fr
> Internet. Une fiche explicative est disponible sur le site internet du parc. On peut remplir en ligne un formulaire pour répondre à l’appel à projet.
Adresse : http://pnr.parc-marais-poitevin.fr
Rubrique : « les actions menées par le parc/chalarose et replantations ».
Yves Revert

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 » Ne pas abattre les arbres atteints  »
20/01/2017
D’où vient la chalarose. Ce champignon parasite a été détecté la première fois en Pologne au début des années 1990. Il a vraisemblablement été importé dans ce pays par des plants venus d’Asie. Il s’est depuis propagé en Lituanie puis dans toute l’Europe centrale et la Scandinavie, avant d’attaquer la France par le nord et l’est. Le centre régional de la propriété forestière a confirmé sa présence dans le Marais.
> La maladie. Les spores emportés par le vent répandent la chalarose. Celle-ci provoque un flétrissement des feuilles qui disparaissent. L’arbre, obligé d’en refaire de nouvelles, s’épuise jusqu’à mourir. « On ne sait pas encore comment les frênes peuvent réagir quand ils sont taillés en têtard, et par ailleurs, certains sujets résistent bien à la maladie », observe toutefois Jordane Ancelin, paysagiste au parc. Une certitude : si le champignon s’attaque à un sujet petit, il a peu de chance de survivre. Et s’il affaiblit un arbre, il ouvre la porte à d’autres maladies.
> Reconnaître la maladie. Les feuilles se flétrissent et l’écorce de certains rameaux, desséchée, prend une teinte orangée. Une fois les feuilles au sol, la maladie se manifeste par des traces de pourrissement en bas du tronc.
> Réagir en cas de contamination. « Il ne faut pas abattre ou brûler les arbres atteints, car cela n’a aucun intérêt pour limiter la propagation de la chalarose. La maladie d’ailleurs n’altère pas la qualité du bois. Quand un arbre est touché, il faut continuer à l’entretenir », conseille Jordane Ancelin. Il est de toute façon interdit d’abattre un frêne sans autorisation de l’État.

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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