Indre – Les parlementaires et leurs assistants : Pas de  » Penelope  » dans l’Indre

La Nouvelle République 31/01/2017 05:46
Les quatre parlementaires du département n’ont aucun collaborateur issu de leur famille. Mais tous ont une organisation spécifique.
Jean-Paul Chanteguet.Jean-François MAYET sénateur (Les Républicains)
« Je n’emploie ni ma femme, ni mes enfants, ni mes cousins. » Le sénateur ne commente pas la polémique Penelope Fillon. « Le tout est de savoir si le poste est tenu. Pour le reste, je m’en tiens à ce que permet la loi. » Lui s’appuie sur deux assistantes parlementaires à temps plein. « L’une à Paris, l’autre à Châteauroux. » La première, très expérimentée, « gagne entre 4.000 et 4.500 € brut » ; la seconde, « débutante », « un peu plus de 3.000 € brut ». « Je suis dans la règle » (lire « repères »), note Jean-François Mayet. Sa collaboratrice parisienne, outre son travail de secrétariat, « surveille en permanence l’activité parlementaire ». L’élu décrit une relation de confiance : « Elle me connaît bien et détecte pour chaque loi les amendements susceptibles de m’intéresser. Elle me fait des synthèses. J’ai fait un rapport sur les traitements des déchets dans les Dom-Tom, elle l’a tapé, modifié et corrigé ». A Châteauroux, son assistante est « plus proche des maires », ces grands électeurs qui l’ont élu : « Elle répond aux courriers, s’occupe de l’agenda départemental ou de la réserve parlementaire ».
GERBAUDFrédérique GERBAUD sénatrice (Les Républicains)
La remplaçante de Louis Pinton ne compte, actuellement, qu’un assistant parlementaire. « Je vais en recruter un autre qui aura vocation à être présent à ma permanence, à Châteauroux, qui devrait ouvrir mi-février, annonce-t-elle. Il sera aussi sur le terrain, m’accompagnera lors de déplacements sur des manifestations locales ou à la rencontre des maires. Il sera l’interface avec les élus du département. » Frédérique Gerbaud a prévu d’utiliser la totalité de son crédit collaborateur et la nouvelle recrue devrait donc être payée 3.000 € brut environ alors que son collaborateur, à Paris, « vingt-trois ans de maison », touche un salaire de 4.600 € brut environ, soit 3.800 € net. « Il était l’assistant de Louis Pinton, je l’ai repris. » La sénatrice loue la qualité de son travail (lire ci-dessous) :« C’est un gros bosseur ».
BRUNEAU  Isabelle BRUNEAU députée de la deuxième circonscription (Parti socialiste)
La composition de l’entourage d’Isabelle Bruneau a évolué, en fin d’année dernière. S’il se compose toujours de trois personnes, il est passé de 2,5 équivalents temps plein à 1,8 à la suite d’un changement d’ordre privé. Un assistant parisien est à 100 % (lire ci-dessous) avec salaire mensuel de 3.000 € brut ; un autre, basé à Issoudun, « chargé de la communication, des relations avec la presse et des réseaux sociaux », est à mi-temps (1.000 € brut) ; une troisième, à Issoudun, « chargée du secrétariat administratif, des relations avec les élus et de la réserve parlementaire », est à 30 % (475 € brut). « Ils font partie d’une équipe, résume l’élue. Le député est une petite entreprise avec des salariés qui font le lien entre le national et le local. » Pour elle, pas question d’employer un membre de sa famille : « Ça me gênerait, je trouve la pratique discutable ». Faut-il l’interdire ? « Je ne sais pas mais c’est vrai qu’il y a un risque de conflit d’intérêt. »
jean-paul-chanteguet-president-de-la_bf7222c559f954da32acc707a0730372  Jean-Paul CHANTEGUET député de la première circonscription (Parti socialiste)
Combien gagne ses collaborateurs ? Comment fonctionne-t-il ? Etc. Le député n’a pas souhaité faire de commentaire sur le sujet. Seulement a-t-il transmis ces quelques lignes sur la composition de son équipe : « Deux personnes à Paris, une à temps complet et une à mi-temps. A Châteauroux : une personne à temps complet. Au Blanc : une personne à mi-temps et une personne à quart temps ». Rien sur les salaires car la loi, dit-il, ne l’oblige pas à les communiquer.
bertrand.slezak@nrco.fr
Repères
La création de la fonction d’assistant parlementaire date de 1975. L’usage et quelques règles gravées dans le marbre donnent un cadre aux parlementaires.
> Salaires. Députés ou sénateurs disposent d’une enveloppe pour rémunérer leurs collaborateurs. A l’Assemblée nationale, ce crédit s’élève à 9.561 € mensuels ; au Sénat, à 7.593 €. La limite est fixée à cinq collaborateurs. La somme restante doit être redistribuée aux assistants sous forme de prime et/ou reversée au budget de l’Assemblée. A noter qu’au Parlement européen, chaque eurodéputé dispose de 21.000 € pour salarier deux ou trois collaborateurs.
> Emplois familiaux. L’embauche d’un parent, enfant ou conjoint, n’est pas interdite par la loi. Mais, depuis un arrêté du 10 décembre 1996, le salaire du bénéficiaire d’un « emploi familial » ne doit pas excéder la moitié de l’enveloppe allouée au député, soit 4.780 € brut ; le tiers dans le cas d’un sénateur, soit 2.516 € brut. Un arrêté du 23 mars 2011 étend cette règle à l’ensemble des ascendants et descendants, et aux partenaires de Pacs.
> Transparence. La loi sur la transparence de la vie publique, votée en 2013 dans la foulée de l’affaire Cahuzac, oblige les parlementaires à divulguer le nom de leurs collaborateurs. On peut consulter les déclarations de chaque élu sur le site Internet de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique : http://www.hatvp.fr
Bertrand Slézak

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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