Livre : « La Nièce » – Marion Maréchal-Le Pen, dure aux yeux doux

133778_couverture_hres_0Parution 26/01/2017 / 352 pages / 19.00 € TTC
Dans la région PACA, où elle a été élue députée, tout le monde ou presque l’appelle « Marion ». Plus simple, plus humain, plus mignon que Maréchal ou Le Pen. C’est pourtant la « pire des Le Pen » affirment ses opposants. Elle insufflerait au Front national un positionnement « plus identitaire, plus radical, plus catholique, plus pétainiste ».
Quoi qu’il en soit, le phénomène ne laisse personne indifférent. Michel Henry a longuement enquêté, chez ses détracteurs comme dans son proche entourage, pour en percer les mystères, les convictions et les mensonges, les cohérences et les aberrations.
Sachant qu’en 2022, elle n’aura que 32 ans, ses supporters l’imaginent comme une Jeanne d’Arc candidate à une future présidentielle. Or, l’ascendance familiale la rendant dépositaire du passé du Front, elle s’y voit un futur prometteur, mais n’en maîtrise pas l’appareil, tenu par sa tante. Il lui faut donc se montrer patiente, dans l’attente d’une circonstance propice qui verrait le seul parti à pratiquer le droit du sang – celui des Le Pen –, appliquer cette équation : à Jean-Marie le passé, à Marine le présent, à Marion l’avenir.
Mais c’est quand, l’avenir ?  (Éditions du Seuil)
Se méfier des apparences : sous des allures de jeune femme moderne, la députée FN véhicule les idées les plus radicales de l’extrême droite.  (Ouest-France 10/02/2017)
Chez les militants FN, c’est la star. Tous veulent lui parler, la toucher, se faire prendre en photo avec elle. Son visage d’ange fait tourner quelques têtes. Celle de Philippe de Villiers par exemple, qui se pâme devant « cette étoile qui scintille« . Si son grand-père faisait peur, Marion Maréchal Le Pen attire les regards. »Le joli visage de l’extrême droite française », titre le journal allemand Die Welt.
Il faut se méfier des apparences. Malgré ses sourires et ses « bonnes manières », la nièce n’est pas moins mordante que son grand-père ou sa tante. « Marion a du chien, mais plutôt pitbull que caniche« , constate Michel Henry. Ses allures de femme moderne dissimulent mal une conservatrice pur jus, éprise de tradition et souvent plus radicale que la direction du FN.
La jeune députée a contribué à redonner une place aux « identitaires », même les moins recommandables à l’intérieur du parti. Elle épouse, sans beaucoup de nuances, les thèses complotistes du « grand remplacement ». Le lendemain de l’attentat de Nice, elle lance une déclaration martiale du Facebook : « Si nous ne tuons pas l’islamisme, c’est l’islamisme qui nous tuera encore et encore. »
« Elle incarne ce qu’il y a de pire et c’est très difficile à démontrer« , dit d’elle Christian Estrosi, le maire LR de Nice, pourtant peu suspect de gauchisme. « Marion, c’est Belzébuth grimé en Bambi, le Diable qui s’habille en Prada, une dure aux yeux doux, petite fille mais grande gueule« , écrit Michel Henry.
Les militants lui ont accordé le plus grand nombre de suffrages lors du congrès de Lyon, en 2014. Un avantage qu’elle n’a pas su transformer en exigeant, par exemple, une place au bureau exécutif. Signe sans doute que la nièce ne se sent pas encore prête à s’opposer frontalement à sa tante. Elle attend sont tour, qui viendra peut-être après les élections de 2017. « En cas d’échec de la stratégie Philippot- Marine Le Pen, la ligne de marion Maréchal reprendrait du tonus », pronostique Michel Henry.
500949978

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Politique, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.