Agriculture intensive : l’étau se resserre autour des phytos

Ouest-France – 16/02/2017 – Patrice Moyon –
Ségolène Royal veut imposer une distance à respecter avec les habitations lors du traitement des cultures. Et les néonicotinoïdes sont en sursis.
« Le cabinet de Ségolène Royal ne nous a pas appelés. Et le ministre de l’Agriculture n’est pas au courant. » Vice-présidente de la puissante FNSEA, Christiane Lambert dissimule mal son agacement. La ministre de l’Environnement, lors d’annonces en conférence de presse, mardi, a confirmé son intention d’imposer une distance minimale (encore non précisée) à respecter avec les riverains lors de l’épandage de produits phytosanitaires.
beauregard_epandage_pesticides_perimetre_protection
Un sujet qui avait déjà suscité la colère du premier syndicat agricole il y a quelques mois. La FNSEA estimait qu’imposer un tel dispositif contribuerait à geler quatre millions d’hectares sur une surface agricole utile de 28 millions en France. La ministre de l’Environnement persiste. 
Sur le dossier des pesticides, la France peine à tenir ses promesses. En 2007, le Grenelle de l’environnement promettait de réduire de 50 % « si possible », l’usage des produits phytopharmaceutiques. Raté. Même si un petit mieux a été observé en 2015, avec une baisse de 2,5 % dans le secteur agricole. « Outre l’impact sur l’environnement, la réduction du recours aux pesticides revêt une importance particulière en raison des enjeux de santé et notamment de santé au travail« , souligne pourtant l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). En 2013, une expertise collective conduite par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a listé les risques associés aux produits phytos pour certains cancers (prostate, tumeurs cérébrales, maladies neurologiques – Parkinson, Alzheimer).
Enquête de la MSA
danger-epandage-aerien-205_med_hrDes craintes mais pas encore de données officielles. La MSA s’y attelle. Depuis 2005, elle suit, en lien avec l’Inserm, des professionnels de l’agriculture, actifs ou retraités. Ce travail d’enquête a déjà permis d’établir un lien entre l’utilisation de produits phytosanitaires et le déclenchement de la maladie de Parkinson. Cette dernière peut ainsi être reconnue comme une maladie professionnelle. un nouvel engagement de réduction de 50 % des produits phytos a été pris par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. Pour y parvenir en 2028, le ministre parie sur une montée de l’agriculture bio qui ne pèse que 4 % du marché aujourd’hui. Il compte aussi s’appuyer sur un réseau de 30 000 fermes pour diffuser de bonnes pratiques.
Diminuer les traitements, mais aussi supprimer les produits les plus à risques, pour la santé ou l’environnement. Les néonicotinoïdes devraient ainsi progressivement disparaître. des dérogations seront octroyées au cas par cas jusqu’en 2020 « pour une culture spécifique et lorsqu’il n’y aura aucune alternative à court terme », précise Marc Mortureux, directeur général de la prévention des risques.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Agroalimentaire, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.