Paris veut réduire l’exposition de ses habitants aux ondes électromagnétiques

Sciences et Avenir – 03/03/2017 – E.L. avec AFP –
Mesure des intensitésL’Agence nationale des fréquences effectue des mesures près d’une antenne relais© REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Le seuil maximal des émissions des antennes-relais pour le réseau mobile dans la capitale passera de 7 à 5 Volts par mètre, a annoncé jeudi 2 mars 2017 la mairie de Paris. Son maire, Anne Hidalgo, devrait proposer aux opérateurs de téléphonie mobile, durant le prochain conseil de Paris, fin mars, une nouvelle charte visant à réduire de 30% les niveaux des émissions maximales de leurs antennes. Paris « devient ainsi la métropole la plus protectrice d’Europe, devant Bruxelles, qui a fixé un seuil à 6 V/m. Ce sont des normes extrêmement strictes« , a indiqué devant la presse Julien Bargeton, adjoint aux Finances de la mairie.
antennes-tour-eiffel-300x203Sur son site Internet, la Mairie de Paris rappelle que cette nouvelle charte n’est que le prolongement d’une autre, signée en 2003, qui a déjà permis de réduire la puissance cumulée d’émission des antennes relais bien en dessous de ce qu’impose la législation française. En effet, comme le précise l’Ineris (l’Institut national de l’environnement industriel et des risques), le seuil maximal d’exposition électromagnétique autorisé en France pour les antennes relais va de 41 V/m pour une antenne GSM 900 à 61 V/m pour une antenne UMTS (3G). « Paris est la seule ville de France à avoir mis en place un cadre plus protecteur, en fixant en 2012 le seuil d’exposition maximum à 7V/m équivalent 900 MHz dans les lieux de vie fermés » précise le communiqué de la mairie.
Quelles conséquence pour le réseau mobile ?
Ce passage d’une exposition de 7 à 5 volts par mètre ne risque-t-il pas de dégrader la qualité du réseau mobile sur la capitale ? « Aucunement, assure Michel Combot, directeur général de la fédération française des Télécoms. En effet, il ne s’agit pas de réduire la puissance d’émission des antennes existantes, mais plutôt d’éviter la formation de ‘points atypiques’ dans lesquels l’exposition est supérieurs à ces seuils de 5 V/m, équivalent 900 MHz » précise-t-il. « Car l’exposition moyenne des parisiens aux ondes électromagnétiques issues de la téléphonie est comprise entre 0,5 et 1 V/m au niveau des habitations » chiffre-t-il.
des techniciens installent des relais téléphoniques sur le toit d'un immeuble parisien, le 20 mars 2003. La ville de Paris a signé le même jour une charte avec les trois opérateurs de téléphone mobile - SFR, Orange et Bouygues - pour encadrer et mieux intégrer ces émetteurs de champs électromagnétiques.     AFP PHOTO / JACQUES DEMARTHON

des techniciens installent des relais téléphoniques sur le toit d’un immeuble parisien, le 20 mars 2003.  AFP PHOTO / JACQUES DEMARTHON

Ces « points atypiques » où l’exposition est anormalement élevée peuvent se former lorsque les faisceaux de plusieurs antennes se recoupent, ou en raison d’un effet rebond des ondes, réfléchies par la surface des bâtiments. « Cela se corrige en changeant par exemple l’orientation d’une antenne, afin de modifier un angle de couverture » explique Michel Combot. La suppression de ces « points atypiques » profite donc également aux opérateurs qui peuvent ainsi optimiser l’utilisation de leurs antennes en évitant les recouvrements inutiles de zones de couverture. Et si l’on en croit le directeur de la fédération française des télécoms, ces mesures prises par la mairie de Paris ne pénaliseront nullement ni l’extension de la couverture 4G existante, ni le déploiement futur de la 5G, d’ici 5 ans environ. « D’autant que la Mairie de Paris s’est engagée à nous faciliter l’accès aux bâtiments » précise Michel Combot.
Parallèlement, la mairie a annoncé la création d’un « Observatoire municipal des ondes » réunissant élus, experts, associations et le ministère de l’Environnement, dont le principe avait déjà été adopté à l’initiative des élus écologistes parisiens. Sa mission sera « d’informer, surveiller, et amplifier les campagnes de mesures déjà existantes ». Pour justifier cette mesure, la mairie s’appuie sur les constatations de l’OMS qui estime que les ondes électromagnétiques sont des « cancérogènes possibles » pour l’homme. L’OMS précise que « il n’a jamais été établi que le téléphone portable puisse être à l’origine d’un effet nocif pour la santé » mais opte pour un principe précaution étant donné que « à l’heure actuelle, les études épidémiologiques ne sont en mesure d’évaluer que les cancers qui apparaissent dans un laps de temps plus court« .

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