Les journalistes des « Pabnama papers » résistent malgré les représailles

Le Monde des médias – février/mars 2017 – J. G –C’est bien entendu le genre d’affaires qui dérangent quelques puissants évadés fiscaux. D’ailleurs, Le Monde assure que « plusieurs journalistes à l’origine des ‘Panama papers’ ont subi des représailles, même dans des pays où la presse est considérée comme libre ». Le directeur de publication du journal nigérien L’Événement ayant dévoilé des informations inédites sur une société offshore liée à un homme d’affaires connu comme l’un des principaux donateurs du parti au pouvoir au Niger a été clairement menacé…
« En Tunisie, des pirates informatiques dont on ignore l’identité ont fait tomber le site d’information Inkyfada. En Mongolie, un ancien ministre l’environnement a attaqué MongolTV en diffamation – il a finalement perdu son procès ».
« En Finlande, le fisc finlandais a menacé de perquisitionner le domicile de certains journalistes pour saisir des documents, du jamais vu pour la très libre presse finlandaise ».
« Au Panama, des rédacteurs du quotidien La Prensa ont été menacé par des internautes anonymes sur Twitter. Un autre tweet liké et commenté par Ramon Fonseca, l’un des fondateurs du Mossack Fonseca, le cabinet d’avocats panaméens au cœur du scandale, comportait une photo des employés de La Prensa suivie du commentaire :’Il s’agit d’un acte de haute trahison à l’encontre du pays qui les a vu naître' ».
« En Équateur, les Panama papers ont été particulièrement mal accueillis. Le 12 avril, le président Rafael Corréa, a nommément désigné sur twitter plusieurs journalistes ayant participé au projet. Se partisans les ont ensuite harcelés pour obtenir davantage d’informations, en les accusant d’avoir dénoncé, pour des motifs politiques, uniquement certains Équatoriens et pas d’autres ».
« En Ukraine, après avoir été sais, le Conseil indépendant des médias, un organisme non gouvernemental, a convoqué certains journalistes. D’après la plainte, ces derniers auraient enfreint les règles de déontologie en révélant, au plus fort de la lutte opposant forces prorusses et forces gouvernementales, que le président ukrainien, Petro Porochenko, avait créé une société offshore ». « 
Au Vénézuéla, Ahiana Figueroa, membre d’un collectif de journalistes, a été renvoyée d’Ultimas Noticias, l’un des plus grands journaux du pays. D’après la branche vénézuélienne de l’ONG Institut presse et société, les journaliste ayant travaillé sur les Panama papers ont été sanctionnés dans au moins sept médias vénézuéliens ».
« A Hongkong,Keung Kwok-yuen, rédacteur en chef du populaire journal Ming Pao a été soudainement débarqué en avril, précisément le jour où le journal a publié en ‘Une’ un article relatant les activités offshore d’un ancien ministre du commerce, d’un parlementaire, de centaines des plus grandes fortunes mondiales et de la star de cinéma Jackie Chan. En Chine, les responsables de la censure ont prié les sites de ‘faire leur examen de conscience et de supprimer tous les contenus liés aux Panama papers », rapporte le China Digital Times ».
« En République démocratique du Congo, le ministre des Communications a conseillé aux journalistes de se montrer ‘très prudents’ avant de mentionner certains noms concernés par le Panama papers – notamment, peut-on supposer, celui de la sœur du président Joseph Kabila ».
« Nous surveillons de près les conséquences de Panama papers et les représailles à l’encontre des journalistes et des organes de presse« , affirme la porte-parole du Comité pour la protection des journalistes. « Les attaques contre les journalistes qui révèlent des affaires corruption sont malheureusement monnaie courante. C’est l’un des sujets les plus dangerux pour la profession« . Apparemment !
Lire : « Panama papers » – le tournis, le vertige et la nausée : Une carte de la finance mondiale du crime (Le Monde – 04/04/2016)
Panama papers : les fraudeurs ont tout leur temps !  (Ouest-France – 11/05/2016)

Douze chefs d’Etat et de gouvernement, 128 responsables politiques et hauts responsables du monde entier, une soixantaine de proches des dirigeants mondiaux… et parmi eux environ 1 000 ressortissants français. Dans la liste des personnes impliquées dans l’ évasion fiscale via des sociétés offshore, révélée par plusieurs médias internationaux dimanche sous le nom de « Panama Papers », figurent des personnalités françaises, une banque et un parti politique hexagonaux.
Parmi eux, on retrouve Jérôme Cahuzac, l’ancien ministre du Budget déjà impliqué dans une affaire d’évasion fiscale vers la Suisse. D’après les données communiquées par le cabinet Mossack Fonseca, Jérôme Cahuzac détenait un compte bancaire lié à une société immatriculée aux Seychelles, administrée par deux autres sociétés offshore. Michel Platini, déjà pris dans la tourmente à la présidence de l’UEFA, a également créé une société offshore au Panama en 2007, soit moins d’un an après son élection à la présidence de l’autorité sportive.
Les raisons pour lesquelles Patrick Balkany, le député-maire de Levallois-Perret, et un homme d’affaires sont cités n’ont pas encore été révélées. Une banque française, la Société générale, est également mentionnée, ainsi qu’un parti politique français, dont on ignore encore l’identité… (Le majordome de Le Pen impliqué dans Panama papers ?)

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