Europe – Tusk réélu, Varsovie à l’écart, l’Union européenne se cherche

Le Monde 10/03/2017

 Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (à gauche), et le président du Conseil européen, Donald Tusk, tiennent une conférence de presse lors du sommet européen de Bruxelles, le 9 mars 2017. THIERRY CHARLIER / AFP
Au lendemain de la reconduction du Polonais Donald Tusk à la tête de la présidence du Conseil européen, les dirigeants de l’UE poursuivent leurs réunions, ce vendredi, à Bruxelles. Mais la tension pourrait être encore bien présente, car le vote a encore élargi la fracture entre l’UE et la Pologne, farouchement opposée à ce nouveau mandat de M. Tusk.
L’ex-premier ministre libéral polonais a été élu par « 27 voix contre une », confirmant l’écrasant soutien dont il bénéficie de la part des dirigeants des pays de l’UE. C’est la première fois que la désignation du président du Conseil européen ne s’est pas faite au consensus. Pour le gouvernement conservateur qui dirige la Pologne, c’est une certaine humiliation. « Aucun Etat membre n’a voulu soutenir la vendetta personnelle que poursuivent les dirigeants du PiS [parti Droit et justice, nationaliste et conservateur] contre Donald Tusk, accusé en Pologne de tous les maux », souligne Nicolas Gros-Verheyde, qui anime le site européen Bruxelles 2.
Donald Tusk conduira donc l’Union jusqu’à la fin de la législature (2019) et la fin prévue des négociations sur le Brexit. En représailles, la Pologne a d’ores et déjà décidé jeudi de « ne pas accepter les conclusions de ce sommet ». En l’absence de consensus, les conclusions du sommet, qui portent aussi sur des thèmes comme l’immigration, l’économie, la défense ou encore la situation dans les Balkans occidentaux, ont donc été faites au nom du président du Conseil européen, avec le « soutien de 27 Etats membres ». Une tournure qui, juridiquement, n’engage pas le Conseil européen puisqu’il n’y a pas eu unanimité.
Au niveau de la défense et de la sécurité, le texte adopté confirme le rythme suivi depuis décembre 2016, prévoit de faire plus, avec au besoin des ressources additionnelles, endosse le travail fait au dernier conseil des ministres – notamment la création de la MPCC capacité militaire de planification et de conduite », un quartier général européen embryonnaire) – et s’engage à aller plus vite et à revenir sur la question, en juin.
Concernant les Balkans, le texte souligne l’extrême fragilité de la région, encourage les pays à faire des réformes pour rejoindre l’UE et réaffirme la perspective européenne pour les Balkans de l’Ouest. Vendredi, les chefs d’Etat et de gouvernement européens consacreront la matinée à la préparation de la « déclaration de Rome », qu’ils souhaitent publier pour les 60 ans du traité fondateur de la Communauté, le 25 mars. Ce texte devrait montrer que l’UE restera unie après le Brexit.
Mais c’est l’idée d’un avenir à « plusieurs vitesses » pour l’Europe qui cristallise les débats. Elle est fortement soutenue par la France et l’Allemagne, désireuses notamment de pouvoir renforcer la défense européenne sans être bloquées par des Etats récalcitrants. Mais d’autres pays s’inquiètent de devenir des membres de deuxième zone de l’UE.

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