Ecosse : le pari risqué de Nicola Sturgeon

Le Monde 14/03/2017
Nicola Sturgeon possède assurément la même qualité intrinsèque que son prédécesseur, Alex Salmond : la constance.

Lundi, la première ministre d’Ecosse a ainsi annoncé solennellement qu’elle solliciterait dès la semaine prochaine un vote au Parlement de Holyrood pour organiser un deuxième vote sur l’indépendance de la province. The Guardian

La première ministre d’Ecosse, Nicola Sturgeon, lors d’une conférence à l’université de Sheffield, dans le nord de l’Angleterre, le 7 novembre 2016. PAUL ELLIS / AFP
La dirigeante du Parti national écossais (SNP) a dit souhaiter que cette consultation populaire intervienne entre l’automne de 2018 et le printemps de 2019, au moment où les négociations autour du Brexit devraient prendre fin. Objectif affiché : protéger les intérêts écossais des affres consécutives à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). BBC
Lors du précédent référendum, organisé le 18 septembre 2014, les quelque 4,3 millions d’électeurs écossais s’étaient prononcés à 55,3 % contre la perspective d’une partition du royaume. Mais le Brexit a changé la donne, Londres souhaitant prendre le large vis-à-vis de l’UE, quand Edimbourg, à l’inverse, a choisi de refuser tout désamarrage.
Reste que, avant de pouvoir organiser le vote qu’elle appelle de ses vœux, Mme Sturgeon doit obtenir l’assentiment du gouvernement et du Parlement britanniques. Pour l’heure, son homologue du 10, Downing Street, Theresa May, n’a pas livré sa réponse, se bornant à dire qu’une telle perspective mettrait l’Ecosse en porte-à-faux, en alimentant « l’incertitude et la division ». The Scotsman
Pour Janan Ganesh, du Financial Times, Mme May se trouve toutefois dans une posture des plus embarrassantes, car Nicola Sturgeon est mieux placée que son devancier pour décrocher le Graal de l’indépendance. Plus « émolliente », moins anguleuse ; plus attentive aussi aux questions de devise et de finance qui ont conduit les nationalistes à l’échec il y a trois ans.
Dans un éditorial, The Independent l’affirme sans ambages : refuser à l’Ecosse le droit à un nouveau référendum serait, de la part de Westminster, un « acte insensé ». Car comment imaginer que Mme May puisse faire la leçon à Mme Sturgeon sur les dangers d’une séparation, elle qui a pris le parti de quitter une « union politico-économique puissante et avantageuse » ?
Pour la première ministre d’Ecosse, la situation n’est pas simple non plus, observe Matthew Maxwell Scott, du Daily Telegraph, car elle n’a guère d’autre choix que celui de convoquer un référendum, même si elle est pleinement consciente qu’en cas d’échec sa mort politique est inéluctable.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Europe, Politique, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.