Livre : Du narcissisme de l’art contemporain

296 pages | 14 x 20,5 cm | 2017 | 20 € /Le(s) auteur(s) : Alain Troyas /Valérie Arrault
Aujourd’hui, en art, tout est possible. Ce que fait l’art dit contemporain en qualifiant tout et n’importe quoi d’artistique – une tâche, une boîte de conserve, un corps sanguinolent, des excréments – est une négation radicale des codes et des règles, de la tradition et des critères de jugement qui, pourtant, imprègnent et structurent encore la plupart des consciences. Délivré des idéaux humanistes et de leur dimension progressiste, cet art épouse le projet du libéralisme libertaire, celui d’une classe sociale dominante, et non celui de tous. Celui d’un monde vide, où règnent le cynisme, l’opportunisme et l’égoïsme.
Les pratiques artistiques qui y sont valorisées visent à bouleverser les comportements et les mentalités dans la jubilation d’une régression narcissique qui transgresse les interdits nécessaires à la construction de soi et à la vie en société. Tous les préceptes civilisationnels sont devenus des objets phobiques et des entraves insupportables à une création adepte de la subjectivité, du relativisme, de la spontanéité et de la jouissance.
Situés dans la sphère freudo-marxiste, les auteurs de ce livre adoptent une approche qui combine sociologie, psychanalyse et histoire. En analysant, à l’aide de cette méthode, des œuvres d’art considérées comme majeures, ils éclairent le renversement de valeurs opéré par un capitalisme postmoderne qui célèbre le vide, le banal, l’absurde, le déchet, le scatologique, le pornographique et le morbide. (Les Éditions L’échappée)
Le chien ballon de Koons exposé à Versailles
Le meurtre de l’art
Avant l’ère du libéralisme libertaire, il n’y eu aucun désastre écologique de l’ampleur actuelle, et, par conséquent aucune raison d’élever le déchet au rang d’oeuvre d’art.  Il faut une société globalement prête à ce que la psychanalyse nomme une perversion pour qu’elle y trouve de la beauté. (…) La destruction écologique semble donc se placer dans les premiers rangs des causes provoquant dans l’inconscient collectif un réseau latent d’angoisse et de culpabilité se répercutant dans le monde symbolique. (…) Comme on le voit nettement dans le domaine de l’art, ce contexte anxiogène est à son tour alimenté par les individus et les institutions influencés par ces évènements, au point que cet art contemporain contribue activement à habituer les esprits au spectacle de la destruction et donc à son acceptation. (La Décroissance – mars 2017)
Anish Kapoor : « shooting into the corner » dans la salle du jeu de paume à Versailles

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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