Sans gluten, mais pas sans profits

Alternative Santé – mars 2017 – Patrick Hoor –

Nous sommes les premiers à vous avoir enjoints de consommer des produits issus de l’agriculture biologique. Et ne vous méprenez surtout pas, nous allons bien évidemment continuer. La répétition reste la base de l’éducation.
Néanmoins, il est également de notre devoir de dénoncer les dérives et de vous mettre en garde contre le cynisme de ce monde de la consommation à tous crins et du profit à tout prix, qui n’hésite pas à souiller l’éthique et l’esprit de la consommation bio en détournant le label et en en inventant d’autres.
Pourquoi se priver, me direz-vous, puisque le « bio » est souvent 20 à 30 % plus cher que le non-bio (au titre d’un coût de production plus élevé pour une plus faible quantité  produite). Du coup, on trouve du bio partout, et surtout dans les grandes surfaces. Merci les coopératives, qui centralisent les achats pour les redistribuer dans tout le territoire ; et tant pis pour l’éthique du bio, qui favorisait une production locale en quantité raisonnée. La demande du bio excède l’offre que peut satisfaire l’agriculture biologique ? Peu  importe, puisqu’il suffit d’importer ! Ail d’Europe orientale, fruits secs de Turquie et melons d’Égypte se font une place dans nos supermarchés.
Pendant ce temps, les génies du marketing du bio soutiennent les ventes. Première règle : anticiper. Et ici, il s’agit d’anticiper la lassitude des consommateurs. Alors, on les excite à coup de nouveautés. Après le sans colorants (attention, ils sont cancérigènes), après le sans pesticides (attention, ils sont infertilisants… entre autres), voici le « sans gluten ».  Sans gluten, mais pas sans profits, puisque ces produits estampillés sans gluten prennent 30 à 40 %.
Alors que faire ? Et bien, lutter contre cette marchandisation. Utilisez autant que faire se peut le réseau des petits producteurs, cultivez votre propre potager ou celui d’une  association. Initiez-vous à la permaculture, au compostage et arrêtez de vous laisser influencer, car les génies du bio songent déjà à un nouveau concept : le « 100 % sans ».

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Santé, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.