Patrimoine – Un président très entouré aux jardins de Chambord

La Nouvelle République 20/03/2017
Une foule d’invités a suivi François Hollande dans sa visite du nouvel espace livré au public. Les politiques (pas tous) étaient là, mais pas le mécène.

La visite des jardins s’est effectuée sous un petit vent frisquet dont François Hollande, habitué des pires intempéries, n’a pas paru souffrir. – (Photos NR, Sébastien Gaudard)
Que retiendra François Hollande de sa visite inaugurale aux jardins de Chambord hier après-midi ? Sans doute un vent frisquet dont son léger costume gris ne devait guère le protéger. De beaux alignements vus d’en haut, mais des parterres en attente de floraison et des pelouses au gazon hésitant. Et surtout, un essaim d’invités et de photographes qui ne lui ont guère laissé le loisir d’une paisible promenade dominicale.

En dépit de l’affluence, le Président à l’œil sagace n’aura pas manqué de repérer parmi les politiques locaux quelques absents notoires : Marc Gricourt, Denys Robiliard, mais aussi Maurice Leroy. Les deux premiers étaient excusés et le troisième représenté par Christina Brown. Quelques invités ont pu s’étonner pour leur part de l’absence du mécène qui a payé l’addition (voir ci-dessous). Explication officielle : la venue de François Hollande n’ayant été confirmée qu’au dernier moment, il était trop tard pour solliciter l’homme d’affaires américain, à l’agenda très chargé. Pas d’explication, en revanche, pour l’absence de Ségolène Royal, initialement annoncée, puis décommandée. C’est donc en compagnie de la seule Audrey Azoulay (ministre de la Culture) que le Président a finalement fait le déplacement.

Spécificité culturelle
Venu dans la voiture du préfet (conduite par son chauffeur attitré) depuis Maslives où s’était posé son hélicoptère, François Hollande a gratifié les touristes massés devant la porte royale d’un rapide bain de foule avant de grimper aux terrasses sous la conduite de Jean d’Haussonville pour y découvrir la belle ordonnance des jardins. Ses concepteurs lui en ont expliqué l’histoire, et l’architecture. Mais tant qu’à prendre de la hauteur pour traiter le sujet, le président a placé son propos inaugural sur le registre de la civilisation : « Les monuments de pierre émettent des messages universels qui affirment la dignité de l’homme. C’est la raison pour laquelle les fanatiques les détruisent ou les saccagent ».
Bientôt revenu à des préoccupations plus terre à terre, il a évoqué le poids économique du tourisme en France et sa spécificité culturelle qu’elle partage avec beaucoup d’autres pays européens. « Une même culture du patrimoine, c’est aussi ce qui rassemble nos peuples et leur confère une même vocation à s’ouvrir vers l’extérieur ». Moralité : les touristes du monde entier seront les bienvenus à Chambord. À condition de ne pas marcher sur les pelouses.
VIDEO (41). Françcois Hollande : Chambord a… par lanouvellerepublique
àtoutevapeur
Chambord ou Paris ?
Ni Marc Gricourt ni Denys Robiliard n’ont participé à l’inauguration des jardins à la française avec François Hollande, hier après-midi. à Chambord (lire en page 3). Et pour cause : partie prenante dans la campagne de Benoît Hamon, le maire de Blois et le député de la première circonscription de Loir-et-Cher étaient au meeting de Paris-Bercy, en compagnie de plusieurs dizaines de militants socialistes du département. Marc Gricourt avait pris soin de s’excuser au préalable par écrit auprès du président de la République, en lui indiquant dans son message qu’il était déjà engagé ce dimanche auprès de « notre candidat ». Le chef de l’État lui a répondu qu’il « comprenait parfaitement. » Reste que la grande famille socialiste loir-et-chérienne n’était pas toute à Bercy. Car ici comme ailleurs, le vainqueur de la primaire peine à faire le plein dans son camp…
Jean-Louis Boissonneau
Loir-et-Cher – Chambord –
La Nouvelle République 16/03/2017

Quelques jours avant l’inauguration, le directeur général du Domaine revient sur un projet hors normes dont l’image va faire le tour du monde.

Dans quelques jours, à compter du 1er avril, 20 mars, les visiteurs du château de Chambord auront accès aux jardins à la française qui s’étalent désormais sur 6,5 hectares et seront inaugurés ce dimanche par François Hollande. Cet aménagement a été financé par le milliardaire américain Stephen Schwarzman, président du géant mondial de la finance Blackstone, déjà mécène du Louvre et des Arts décoratifs, qui a apporté 3,5 millions d’euros. Retour sur une opération hors normes avec Jean d’Haussonville, le directeur général du Domaine, à l’aube d’une saison touristique qui sera également marquée par une somptueuse exposition d’art moderne à l’occasion du 40e anniversaire du centre Pompidou (18 juin au 19 novembre).

Comment ce donateur a-t-il été amené à s’intéresser à Chambord ?
« Il est venu vers nous grâce aux réseaux du ministère des Affaires étrangères (le corps d’origine de l’énarque Jean d’Haussonville, NDLR). C’est le premier mécène américain de Chambord et sa démarche peut en entraîner d’autres dans son sillage, à l’image de ce que la famille Rockfeller avait fait pour le château de Versailles. Il a pu voir très concrètement et rapidement ce qui a été fait avec son argent. Généralement, en matière de mécénat, les premières réalisations arrivent trois ans après le versement des fonds. En l’occurrence, les travaux ont été menés en un temps record. L’idée a germé en 2010, sept ans plus tard elle est concrétisée. Et cela n’a quasiment rien coûté au contribuable français ! »

A l’origine le projet ne faisait pourtant pas l’unanimité…
« Oui mais nous avons aussi bénéficié de forts soutiens. Michel Jau alors préfet de région a défendu le dossier et François Hollande – dont il fut le camarade au sein de la promotion Voltaire de l’ENA – a dit oui en 2014. La ministre de la Culture Audrey Azoulay nous a aidés à obtenir une avance de fonds pour débuter le chantier en attendant l’argent du mécénat. Dès 1682, il y avait un jardin à cet emplacement. C’est un réenchantement de la promenade autour du château qui va permettre une redécouverte de la grande façade. Les jardins sont là pour mettre l’édifice en majesté et donner une nouvelle dimension à la visite. Inviter à prendre son temps aussi : nous allons y installer une soixantaine de bancs. »

Ces jardins seront-ils un important vecteur de communication pour Chambord ?
« Bien sûr ! L’image va faire le tour du monde. D’ailleurs tous les visuels sont à refaire. En France, plusieurs documentaires qui seront diffusés sur des chaînes nationales sont déjà programmés. »

Quid du projet de spectacle à la mode « Puy-du-Fou » dont l’idée fait polémique ?
« Chambord attire, il suscite de nombreuses idées et c’est tant mieux. La réflexion autour d’un grand spectacle vivant pour la célébration des « cinq siècles » du château, en 2020, mérite d’être menée à l’image de ce qui a pu se faire pour la célébration de Marignan (à Romorantin et Amboise, NDLR). Nous sommes à l’écoute de tous les élus. Ils nous ont ainsi fait savoir qu’il y avait une attente pour la mise en lumière nocturne. Nous travaillons sur le sujet et les fourreaux électriques ont été prévus lors du chantier des jardins, pour permettre leur illumination et celle de la façade. Mais il faudrait prévoir selon le projet de 200.000 € à 1 million d’euros et, pour l’heure, nous ne les avons pas. »

point chaud
Le dernier mandat du directeur
Jean d’Haussonville ne sollicitera pas de troisième mandat à la tête de l’Établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) en charge de la gestion du Domaine de Chambord. Et il n’est pas sûr qu’il aille jusqu’au terme de son bail, programmé pour s’achever le 1er septembre 2019. Déjà, il a été candidat à la direction du Domaine du château de Versailles mais l’Élysée a finalement préféré reconduire, en septembre dernier l’ancienne journaliste du Point, Catherine Pégard. « J’étais dans la short list et la question peut se reposer un jour », glisse Jean d’Haussonville. Un retour au ministère des Affaires étrangères, dont il est issu, est également dans le domaine du possible. « A l’été prochain, je serai à la moitié du mandat et à partir de là il peut être légitime de prendre une nouvelle mission », souligne le directeur de Chambord. Ajoutons que d’ici là, le locataire du palais de l’Élysée aura changé, ce qui peut évidemment influer sur le cours des événements.
Propos recueillis par Christophe Gendry
Loir-et-Cher – Chambord –

 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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