Centrale nucléaire de Halden, en Norvège : un accident qu’on nous cache…

Alternative Santé  – 22/03/2017 – Alexandre Imbert avec l’aide de Michel Dogna

Que s'est-il passé en Norvège, à la centrale de Halden ?Que s’est-il passé en Norvège, à la centrale de Halden ?

En octobre dernier, dans une centrale nucléaire située à Halden, en Norvège, les techniciens étaient en train de retirer du combustible usagé du réacteur et ça ne s’est pas passé comme prévu. Les substances radioactives se sont rapidement dispersées dans les tuyaux de ventilation de la centrale, provoquant la panique… On évacue aussitôt et on appelle un spécialiste… qui dit de fermer les aérations pour irradier à l’extérieur de la centrale. Ce qu’on s’empresse de faire, un jour est déjà passé. Mais c’est pire, cela empêche de refroidir le réacteur, la réaction en chaîne est à craindre. Alors on rouvre les vannes d’aération… Pffooou, un gros nuage d’Iode 131 s’échappe. On se tait et on range tout vite fait.
Six mois plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui, les réseaux sociaux s’en mêlent et font vite le lien avec l’annonce officielle – et tardive – de la présence d’un fin nuage radioactif au-dessus de plusieurs pays d’Europe (il est descendu par la Norvège, la Finlande, la Pologne, la Tchéquie, l’Allemagne, la France et l’Espagne) en janvier dernier. D’où vient ce nuage d’iode 131 ? Personne ne le sait – ou ne veut le dire. Deux mois après… on en est là…
J’apprends donc, comme vous peut-être, qu’il y a eu un problème suffisamment grave pour qu’il soit signalé officiellement par les autorités norvégiennes et je me rends compte que personne n’en a parlé chez nous. Cela me rappelle de mauvais souvenirs. L’Iode 131 est un des produits de fission les plus redoutés lorsqu’il est relâché dans l’environnement. Les isotopes radioactifs de l’iode se dispersent puis se déposent un peu partout. Ils sont captés par les feuilles des végétaux, puis absorbés par les racines, puis ingérés par les animaux ou les humains qui consomment alors des aliments contaminés. Cela n’a rien de banal.
Si nous étions conséquents, nous mesurerions la teneur en iode 131 dans la chaîne alimentaire durant plusieurs semaines, le temps que ce radioélément cesse d’irradier. Des contrôles de radioactivité du lait et des végétaux sont primordiaux, en particulier les légumes à grandes feuilles comme les épinards et les laitues. L’eau doit être également surveillée, d’autant que, très radioactif, l’iode 131 va voir sa radioactivité divisée par 1 000 tous les 80 jours seulement. Autrement dit, la quantité d’iode 131 est divisée par 2 tous les 8 jours, par 2 500 tous les trimestres et il faut attendre une année pleine pour qu’il n’en reste plus trace dans les aliments. Mais on ne fera pas ça… La filière agricole est déjà trop touchée et l’industrie du nucléaire préfère qu’on en parle seulement après les présidentielles.
Pendant ce temps, Tchernobyl couve dans son sarcophage et Fukushima se vide dans le Pacifique Nord. Dans le monde entier, des dizaines de millions de personnes ont manifesté leur inquiétude au sujet du nucléaire. Et pourtant, il faut encore six mois pour obtenir une maigre information sur un accident survenu à quelques encablures de chez nous ! Je ne sais pas si ce nuage venait de Halden, je ne sais pas si cet accident était vraiment grave, mais j’aurais bien aimé qu’on m’en parle.
Enfin, on nous a rabâché qu’en cas d’alerte nucléaire il fallait saturer notre thyroïde en iode afin qu’elle ne puisse plus absorber de l’iode radioactif. Alors, pourquoi a-t-on soudain réglementé la vente de la teinture d’iode en pharmacie après un siècle et demi de vente libre ? Quels dangers ? Quels accidents ? Nos grands-mères en mettaient même une goutte dans le biberon des bébés pour développer leur intelligence.
Toutes ces incohérences, toutes ces dissimulations laissent imaginer le pire sur le nucléaire. Au début, on se dit qu’on est un peu paranoïaque, mais à force de sentir qu’on nous ment, on finit par douter de tout.

Lire : Nucléaire : d’où viennent les traces d’iode radioactif relevées dans l’air en janvier ?  (Libération – 12/03/17)

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