Santé – Autisme : un rapport signé Schovanec

La Nouvelle République 05/04/2017
Josef Schovanec, autiste et philosophe, a remis un rapport qui fourmille d’exemples montrant le retard de la France par rapport à d’autres pays pour l’insertion des personnes autistes.

Josef Schovanec, personne avec autisme et auteur d’un rapport sur la prise en charge de cette spécificité. – (Photo archives)
Personne avec autisme : c’est ainsi que Josef Schovanec se présente. Le philosophe, écrivain et grand voyageur, atteint du syndrome d’Asperger, a remis son rapport demandé par la secrétaire d’État chargé du Handicap, Ségolène Neuville, pour favoriser l’emploi des personnes autistes. Il propose différentes pistes, souvent inspirées de ce qui se fait dans certains pays, destinées à nourrir la réflexion engagée dans le cadre du quatrième plan autiste (2018-2022).
>> Lire le Troisième plan autisme (2013-2017)
650.000 personnes concernées en France
Conférencier polyglotte de 35 ans, diplômé de Sciences Po Paris, docteur en philosophie, auteur de plusieurs livres et chroniqueur radio, a été diagnostiqué autiste Asperger à 22 ans…
Car en France, le retard commence au niveau de la connaissance de l’autisme, trouble du développement, qui touche les interactions sociales, la communication et le comportement, et peut être ou non accompagné d’une déficience mentale. Pourtant, un nouveau-né sur cent serait atteint de troubles du spectre autistique (TSA) et 650.000 personnes, dont 250.000 enfants, seraient concernées en France.
Selon l’auteur du rapport, le décalage dont souffrent les autistes avec les codes sociaux, l’extrême difficulté qu’ont beaucoup d’entre eux à utiliser le téléphone, constituent des obstacles à leur insertion dans le monde du travail. Josef Schovanec en a fait l’expérience. A Pôle Emploi, « les personnes autistes semblent perçues comme une population incompréhensible, ingérable et in fine sans solution », constate-t-il.
Souvent, les candidats ne franchissent pas la barrière de l’oral lors des concours ou des entretiens d’embauche, ou sont recalés lors de la visite médicale.
Alors que de nombreuses personnes autistes sont autodidactes, Josef Schovanec souhaite que leurs compétences puissent être reconnues par la validation des acquis de l’expérience.
Pour faciliter l’intégration à l’université, il suggère que des étudiants volontaires fassent office de « coach sociaux », comme dans des pays anglo-saxons ou scandinaves.
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«  Mettre en lumière les compétences  »
Les horaires des bibliothèques pourraient être élargis pour éviter que l’affluence rende impossible la concentration ou « certains rituels tels que le fait de faire le tour de sa chaise pour réfléchir ». En Israël, au moins deux campus proposent des cursus spécifiquement conçus pour étudiants autistes.
Parmi les métiers pouvant offrir des débouchés, il identifie ceux « parfois hautement techniques » liés à l’armée, ceux qui permettent des contacts avec les animaux, le travail en bibliothèque ou encore l’informatique. Certains pays, comme le Canada, favorisent l’accès des personnes autistes au métier de traducteur, qui permet une souplesse des horaires et des lieux de travail.
Il propose par ailleurs de mettre en lumière leurs compétences, à l’occasion d’événements médiatiques. Il raconte avoir été contacté il y a quelques mois par une fondation allemande, qui souhaitait constituer un groupe de personnes autistes pour essayer de déchiffrer le mystérieux manuscrit Voynich, auquel les plus grands cryptographes se sont attelés sans succès.
Étienne Petitmengin, secrétaire national du CIH (Comité interministériel du handicap), a reconnu « une faiblesse ». « Nous avons sans doute été moins volontaires, moins actifs, moins ambitieuxconcernant le diagnostic et l’accompagnement des adultes autistes, qu’avec les enfants. »

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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