Chronique élection présidentielle – « Le vrai patriote, c’est l’Européen »

La campagne présidentielle affiche une certaine défiance vis-à-vis de l’Union européenne. Or, explique Arnaud Leparmentier, éditorialiste au « Monde » dans sa chronique hebdomadaire, le vrai moyen de défendre la France, c’est de soutenir l’Europe.
LE MONDE | 05.04.2017 | Par Arnaud Leparmentier (éditorialiste)
CHRONIQUE. On a écarquillé les yeux, refait ses comptes. Sur les onze, ils sont dix. Dix candidats à avoir voté non, soit à Maastricht, soit lors du référendum de 2005. Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon, Hamon, les trotskistes Poutou et Artaud, les souverainistes Cheminade et Asselineau se sont opposés à la Constitution européenne, tandis que le MoDem Lassalle s’abstenait au Parlement lors du vote préalable au référendum. Fillon, lui, vota non à Maastricht comme son mentor Philippe Séguin. Seul reste Macron. Ces candidats incarnent-ils la France de demain ou la protestation d’hier ? Notre diagnostic est vite réalisé : l’euroscepticisme était à la mode l’an dernier. Il est aujourd’hui ringard.
Bien sûr, les augures semblent défavorables : les candidats antieuropéens font la moitié des intentions de vote, et le parti proeuropéen déclaré un quart seulement – le vote Hamon et Fillon étant mixte. Si le duel Macron-Le Pen se confirme, le second tour de la présidentielle devrait se transformer en un référendum à haut risque sur l’Europe. Le danger, dans cet affrontement société ouverte – société fermée, est d’avoir in fine une cassure de classe dans tout le pays : les élites privilégiées et mondialisées contre l’électorat populaire découragé. Et une fausse lecture de l’Europe, accusée d’être le cheval de Troie d’une mondialisation sauvage alors qu’elle est la seule à pouvoir la tempérer.
Faire face au trumpoutisme
Il convient d’abord d’ouvrir les yeux sur la nation : quelle utilité et quelle protection ? Nous connaissons un « choc de civilisation », pour reprendre l’expression prophétique de Samuel Huntington : le défi de l’islam politique et l’angoisse identitaire mettent à l’épreuve tous les pays européens, que leur modèle soit communautaire comme celui des Britanniques ou intégrationniste comme pour les Français. Mais les nations n’ont pas grand-chose à voir dans l’affaire.
Second défi, la victoire de Donald Trump, premier…
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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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