Hongrie : l’« université Soros » dans le viseur du régime Orban

Le Monde 07/04/2017

Des manifestants hongrois protestent contre l’adoption, par le Parlement, d’une loi susceptible de conduire à la fermeture de l’Université d’Europe centrale (CEU), aux abords de la CEU, à Budapest, le 4 avril 2017. Zoltan Balogh / AP
  • Après les questions migratoire et identitaire, sur lesquelles elle n’a guère infléchi son discours, bien au contraire, la Hongrie s’intéresse de près à l’éducation. Le Parlement vient ainsi d’adopter une loi susceptible de conduire à la fermeture de l’Université d’Europe centrale (CEU), fondée en 1991 à Budapest par le milliardaire et philanthrope américain d’origine hongroise George Soros. Budapest Business Journal
  • Cette nouvelle législation, votée par 123 voix contre 38 en procédure accélérée, ferait écho à des allégations d’irrégularités dans les activités de certaines universités étrangères. Dans les faits, elle vise surtout une institution en particulier : la CEU, créée peu après la chute du communisme et censée promouvoir la « bonne gouvernance, le développement durable et la transformation sociale ». Hungary Today
  • Comme l’observe la BBC, cette attaque en règle contre la CEU – qui compte 1 440 étudiants, dont 335 sont originaires de Hongrie et le reste de 107 autres pays – est la dernière banderille en date plantée par le premier ministre ultraconservateur Viktor Orban dans le cœur du libéralisme.
  • Au pouvoir depuis mai 2010, M. Orban est réputé pour entretenir des relations particulièrement orageuses, pour ne pas dire exécrables, avec M. Soros, 86 ans, qu’il accuse de financer l’opposition à travers certaines organisations non gouvernementales libérales. The Financial Times
  • Peu après le vote du Parlement, la CEU a promis de ne pas en rester là. Elle peut compter sur le soutien de son personnel, de ses étudiants, mais aussi de sympathisants qui n’ont pas hésité à manifester aux abords de l’université, agitant des affiches bleues barrées du mot « veto ». Mercredi, le commissaire européen à la recherche, Carlos Moedas, s’est dit « profondément préoccupé ».
  • Dans une tribune au Boston Globe, John Shattuck, ancien recteur de l’établissement de 2009 à 2016, estime que ce qui se joue va bien au-delà d’une simple algarade politique. Il s’agit, à ses yeux, d’une atteinte fondamentale à la démocratie et à la liberté d’enseignement de la part d’un « régime nationaliste autoritaire ». Un point de vue partagé par Pavol Hardos, maître de conférences en sciences politiques et lui-même diplômé de la CEU.
  • La journaliste bulgare Asya Metodieva ne dit pas autre chose, ajoutant que Viktor Orban est surtout en quête d’un antagoniste pour se sustenter politiquement. Et de conclure, en forme d’apostrophe au chef du gouvernement : « Nous ne sommes pas votre ennemi, Monsieur Orban, même si nous savons que vous avez besoin d’en avoir un. » EUobserver

A propos kozett

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