Point de vue – Election présidentielle : « Une campagne au goût d’inachevé »

Avec une campagne marquée par l’absence de bilan du quinquennat, les candidats ont eu tout loisir de faire des promesses peu réalistes, estime Françoise Fressoz dans sa chronique.

LE MONDE | 17.04.2017 Par Françoise Fressoz
CHRONIQUE. La campagne présidentielle n’est pas encore terminée qu’elle a déjà ses contempteurs au premier rang desquels le président sortant, François Hollande qui, au gré de confidences distillées aux journalistes, juge le débat « confus, simpliste, incertain ».
Nombre d’observateurs la comparent au sombre cru de 2002 marqué par l’affaiblissement progressif des deux favoris et le coup de tonnerre du 21 avril ; d’autres constatent l’absence d’un thème dominant, capable de structurer les débats ; tous additionnent les pourcentages élevés d’abstentionnistes et d’indécis pour pointer l’insatisfaction profonde des électeurs ou à tout le moins leur grand désarroi.
Et pourtant, cette campagne électorale est indéniablement riche. Des thèmes ont émergé qui n’étaient pas que techniques. Un exemple ? La place du travail dans la société questionnée par Benoît Hamon, lors du débat de  la primaire de la gauche, à travers sa proposition de revenu universel d’existence. C’était la première fois depuis longtemps que le parti socialiste cherchait à réinventer un « futur désirable ».
D’autres préoccupations ont nettement émergé comme le développement durable. Des fractures vieilles de deux décennies portant sur des sujets essentiels comme l’Europe, la mondialisation, le libéralisme, ont été assumées au grand jour, atténuant le clivage gauche-droite sans le faire complètement disparaître.
Goût d’inachevé
La politique étrangère, qui était jusqu’à présent un thème plutôt négligé est devenue un sujet de débat notamment au sujet des présidents américain, russe ou syrien, Donald Trump, Vladimir Poutine et Bachar Al-Assad. L’offre, incarnée par onze candidats, a été riche allant de l’extrême gauche à l’extrême droite ; la volonté de renouvellement a été non seulement plus manifeste qu’en 2002 mais incarnée par des candidatures qui n’étaient pas les plus probables.
A droite, au lieu d’Alain Juppé, François Fillon….
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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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