Sens commun agite les fillonistes dans tous les sens

Le Canard Enchaîné – 19/04/2017 –
La scène se passe le 17 avril, au restaurant La Petite Maison à Nice. Avant on meeting, François Fillon y a réuni pour déjeuner, son staff de campagne (Bruno Retailleau, Luc Chatel) et les élus des Alpes-Maritimes (Eric Ciotti, jean Léonetti et Christian Estrosi)
Très vite, le candidat de la droite charrie, sur un ton plaisant, Estrosi, qui s’est fait siffler, le 31 mars, par les militants lors du meeting de Toulon, pour avoir accueilli sur ses terres Emmanuel Macron. Selon leurs voisins de table, la conversation s’est brusquement durcie entre l’ancien Premier ministre et le président du conseil régional de Paca quand le rôle dans la campagne de l’association Sens commun, émanation des « veilleurs » de la Manif pour tous, est venu sur la table. « J’ai été sifflé par Sens commun ! s’est alors écrié Estrosi. Que foutent ces gens dans ta campagne ? En plus, j’apprends que tu envisages de leur offrir des postes de ministre. Ces gens là ont dénaturé ta campagne ! »

Réponse de Fillon : « Je te conseille de ne pas les mettre en cause. Ce sont des gens dévoués et qui me soutiennent formidablement. Je n’ai aucune raison de les repousser. »
Estrosi : « A condition qu’ils respectent tout le monde. Pour rassembler, il faut respecter l’autre et chaque sensibilité. Ce n’est pas le cas. »
Bruno Retailleau : « Si tous les catholiques sont des extrémistes, j’en suis un aussi, et, ici, il y en a plusieurs autour de la table. »
La discussion sur Sens commun s’est arrêtée là Et le président de paca s’est fait siffler – « par 200 types de Sens commun » – deux heures plus tard, quand il est monté à la tribune. Puis quand il a attaqué la députée FN du Vaucluse, Marion Maréchal Le Pen, qui n’a rien trouvé « à redire à la scandaleuse déclaration de sa tante sur la Shoa et l’attentat du 14 juillet à Nice. L’incident à vite fait le tour de la droite et n’a fait que renforcer la méfiance à l’égard de Sens commun. Pour sa part, mardi matin, Alain Juppé qui devait rencontrer Fillon le mercredi s’est fâché tout rouge et a prévenu ses amis : « Je ne soutiendrai pas un gouvernement dont la ligne serait dictée par Sens commun. C’est simple, je serai dans l’opposition… »

L’omniprésence de Sens commun dans la campagne continue donc de provoquer des remous au sein de l’équipe Fillon. Totalement opposé, en principe, à leurs idées, François Baroin, Premier ministre possible du candidat de la droite, a choisi de ne pas se prononcer pour le moment, car « il ne connaît pas ce mouvement« . Mais Patick Stéfanini, ex-directeur de campagne de Fillon, a fait savoir que sa démission n’était pas étrangère à la place prépondérante prise dans l’organisation par les cathos purs et durs.
Lire : Sens commun, ce lobby ultra-conservateur qui infiltre droite

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