A J-13, Le Pen et Macron mobilisent leurs forces

Le Monde 26/04/2017
Confrontée à un duel difficile face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen, arrivée deuxième du premier tour de l’élection présidentielle avec 21,3 % des suffrages, est repartie dès lundi en campagne, annonçant même sur France 2 sa « mise en congé » de la présidence du Front national (FN) afin de « rassembler » les Français autour de son projet présidentiel, sans plus de précisions  pour tenter de déjouer les pronostics la donnant perdante le 7 mai.
Quinze minutes chrono sur un marché le matin, à Rouvroy (Pas-de-Calais), à deux pas de son fief d’Hénin-Beaumont, le temps de quelques images devant des télévisions triées sur le volet, tandis que le reste de la presse était dérouté vers Béthune. . Chaque fois, Mme Le Pen a pilonné son rival de second tour.
Arrivé en tête avec 24,01 % des suffrages, Emmanuel Macron a consacré l’essentiel de son lundi aux « négociations politiques » en vue d’une majorité aux législatives. Il a aussi participé à une commémoration du génocide arménien de 1915, première apparition publique depuis sa qualification. M. Macron a engrangé les soutiens, hier. François Hollande a levé toute ambiguïté sur ses intentions, annonçant qu’il voterait pour son ancien ministre de l’économie au second tour face au « risque » que Marine Le Pen fait peser, selon lui, sur l’avenir de la France. Le Parti socialiste a décidé de faire battre Marine Le Pen, sans pour autant proposer d’alliance à Emmanuel Macron pour les législatives, au lendemain de la défaite historique de Benoît Hamon.
Ont également appelé à voter pour Emmanuel Macron, la Grande Mosquée de Paris (GMP) et le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Le syndicat Alliance police nationale, majoritaire chez les gardiens de la paix, a appelé lundi à « voter contre » Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle.
Les Républicains, enfin, ont appelé hier à voter le 7 mai « pour faire battre Marine Le Pen », s’abstenant d’un soutien explicite à Emmanuel Macron dans un débat interne à vif sur la ligne à adopter après l’élimination de François Fillon. En 2002, Jacques Chirac avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen après l’accession surprise de celui-ci au second tour la présidentielle. Quinze ans plus tard, Emmanuel Macron participera, lui, avec la fille du fondateur du FN, au traditionnel débat télévisé de l’entre-deux-tours, prévu pour le mercredi 3 mai.

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