Livre : Michel Onfray règle son compte à Paris

Ouest-France – 27/04/2017 – Didier Gourin –
En dehors de Paris, point de salut ? Dans un livre percutant, le philosophe réclame une nouvelle répartition des pouvoirs entre le centre et ses périphéries.
Il est Normand et fier de l’être. Michel Onfray continue de s’insurger contre une France qui ne regarde qu’à travers sa capitale. Où tout est forcément plus beau, plus intelligent, plus grand, plus fort. Ce n’est pas une France à eux vitesses qu’il dénonce. C’est bien pire que cela. C’est un pays qui s’ignore et pourrait être plus heureux si ses régions, ses collectivités locales et, surtout, tous ceux qui y vivent avaient droit à plus de reconnaissance et plus de pouvoirs.
Il sait qu’il s’attaque à gros en rappelant que, depuis les rois de France, rien n’a changé. Et ce ,’est pas la révolution de 1789, pourtant née dans les provinces d’alors, qui a changé le cours des choses. Bien au contraire. Les Girondins, les décentralisateurs de l’époque, furent balayés et guillotinés. Les Jacobins prirent le pouvoir et le sort en fut jeté.
« Le despotisme de Paris »
Il évoque le député du Tarn, Lasource, un Girondin, qui  s’écria au pied de la guillotine : « Je crains le despotisme de Paris. » Michel Onfray en appelle donc à une autre révolution, avec des pouvoirs bien élargis pour les régions. Et avec elles, pour toutes les communautés qui irriguent les territoires.
Pour lui, ce serait même un véritable gage de modernité. « La revitalisation des villages,n des communes, de la ruralité et des campagnes permettrait d’incarner une nouvelle écologie à même de déclasser l’écologie urbaine, cosmétique, mondaine et politicienne des bobos », écrit-il. Les bobos, ces bourgeois bohèmes de Paris qui ne regardent ce qui se passe au-delà du boulevard périphérique de la capitale qu’avec condescendance.
Dans ce livre en forme de pamphlet, le philosophe, à son habitude, ne mâche pas ses mots pour s’insurger contre ce sentiment de toute puissance de Paris et de ses élites. Il rêve d’inverser le mouvement. Celui, dit-il « par lequel on monte à Paris comme on monte au ciel, alors que dans le même temps, on descend en province comme on se rend aux enfers ».
Parution le 16/03/2017 – Éditions de l’Observatoire / 149 pages / 15 €

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