Le Front national a traité avec des banques mafieuses russes

Médiapart – 2 mai 2017 – Agathe Duparc
L’argent russe du Front national
Marine Le Pen a officiellement rencontré Vladimir Poutine le 24 mars 2017. Des rencontres officieuses avaient eu lieu en 2014 et 2015, alors que le FN et Jean-Marie Le Pen avaient obtenu deux prêts russes pour un montant total de 11 millions d’euros. Après avoir profité de deux prêts russes en 2014, le Front national a signé, le 15 juin 2016, une troisième demande de prêt avec une banque russe. Cet emprunt de trois millions d’euros est « destiné à financer la campagne électorale française ». Nous publions ce document à en-tête du parti.
Marine Le Pen lors de sa visite à Moscou, le 24 mars 2017. © Site Internet du Kremlin Marine Le Pen lors de sa visite à Moscou, le 24 mars 2017. © Site Internet du Kremlin
La vraie histoire du financement de Le Pen
Les financements russes de Marine Le Pen se sont organisés autour d’un conseiller de Vladimir Poutine, Alexandre Babakov. L’intermédiaire du FN, l’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser, est visé par une enquête en France. Des emails démontrent une ingérence politique de deux lobbyistes russes.
Marine Le Pen et ses proches l’ont dit et répété sur tous les tons : les banques françaises n’ont pas voulu accorder de prêts au Front national et il a bien fallu aller chercher l’argent ailleurs. En l’occurrence en Russie, où des banques ont été sollicitées, prétendument en toute neutralité et loin de l’influence du Kremlin.

Le Front national a traité avec des banques mafieuses russes
Médiapart – 2 mai 2017 – Agathe Duparc
Toutes les banques russes auxquelles le Front national a fait appel, tant en 2014 qu’en 2016, ont disparu. Elles étaient dirigées par des escrocs ou des blanchisseurs d’argent. De l’argent sale russe a-t-il financé les campagnes du Front national ? Et pourquoi toutes les banques auxquelles s’est adressé le parti de Marine Le Pen ont-elles des profils douteux, voire carrément mafieux ? Ces questions lancinantes pourraient à terme intéresser la justice française. Qu’il s’agisse des 9,4 millions d’euros versés par la First Czech-Russian Bank (FCRB) en 2014, ou des 3 millions qui auraient dû l’être par la Strategy Bank, puis la NKB Bank en 2016 : le tableau est accablant et permet de s’interroger sur la propension du Front national à fermer les yeux sur la provenance de l’argent russe. Les trois banques ont fait faillite en 2016 dans une étrange répétition.
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