Les calculs financiers de Dupont-Aignan

Le Canard Enchaîné – 03/05/2017 –
« Emmanuel Macron ne pense qu’à l’argent ! » C’est Nicolas Dupont-Aignan qui l’affirme (RMC 1/5). Il s’y connaît, le bougre. Car, en passant « un accord de gouvernement » avec Marine Le Pen, le président de Debout la France pense aussi au fric et à son propre train de vie. Cet accord prévoit, en effet, la présence de « candidats FN partout aux législatives« . Sauf dans un peu plus d’un cinquantaine de circonscriptions… dont celle de Dupont-Aignan. Ce deal a surtout un but peu avouable : permettre à l’élu de Yerres (Essonne) et à son microparti de continuer de percevoir le financement public dévolu aux partis politiques. Bingo !
Pourquoi avoir choisi une barre d’une cinquantaine de circonscriptions ? Tout simplement parce que, pour bénéficier de la manne financière de l’État, il faut qu’un parti présente au moins cinquante candidats, qui doivent chacun recueillir plus de 1 % des voix. E, 2012, le parti de Dupont-Aignan avait ainsi investi 298 candidats (pour 577 circonscriptions). Parmi eux, 101 ont obtenu plus de 1 % des votes et ont totalisé 152 346 voix. Ce qui a rapporté un peu plus de 1 million d’euros à Debout la France. En juin prochain, beaucoup plus…  A cette première source de financement s’en ajoute une autre. Chaque année, un parlementaire doit « se rattacher » à son parti. une fois rattaché, il rapporte par an 37 743 euros au dit parti. Au début de la législature, ils n’étaient que deux députés : Dupont-Aignan et Lionel Luca, élu des Alpes-Maritimes. Peu à peu, d’autres députés les ont rejoints, parmi lesquels, pour un temps, Jean-pierre Chevènement et le centriste ex-communiste Maurice Leroy. A la fin de l’actuelle législature, ils étaient encore cinq élus aux côtés de Dupont-Aignan. En général, proches de l’extrême droite, comme par hasard. En espérant gagner, grâce à son accord avec le FN, un paquet de députés, Dupont-Aignan compte aussi accumuler un joli pactole financier.
En euros, c’est plus sûr !
Le 3 novembre 2016, il présentait le Front national comme « le meilleur allié du système ». Six mois plus tard, il est le meilleur allié de cet « allié du système ».
VIDÉO – « Le FN, meilleur allié du système » : quand Dupont-Aignan taclait Le Pen »

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