Jardiner pour se déconnecter, pour se reconnecter

L’âge de faire – mai 2017 – Fabien Ginisty –
Plaisir de prendre l’air, de voir pousser les futures récoltes, plaisir d’une autonomie retrouvée, plaisir anticipé des papilles… Le jardinage ne connaît pas les classes sociales et les différences d’âge. C’est aussi un formidable outil pour se réapproprier l’espace public, créer du lien, résister, échanger des savoirs, faire germer des projets…
Il y a les deux voisins qui lâchent un moment la bêche et échangent 3 mots par dessus la clôture; les fumées des grillades aux cabanons des jardins familiaux; les ongles noircis des mains militantes qui cultivent des terres destinées à être bétonnées; les enfants qui font des tas derrière les grilles d’un jardin partagé ou dans une cour d’école…
Le jardinage est peut-être la passion la plus partagée puisque les trois quarts des français déclarent jardiner régulièrement, et 80 % d’entre eux précisent y trouver une source importante de plaisir. Sans oublier les 20 % qui sont contraints de cultiver par nécessité, l plane dans la plupart des potagers français une odeur enthousiaste. Plaisir de se retrouver avec soi-même, de se retrouver avec d’autres, plaisir de prendre l’air, de voir pousser des récoltes, plaisir d’une autonomie retrouvée, plaisir anticipé des papilles… Le jardinage ne connaît pas les lasses sociales et les différences d’âge. Il est de plus en plus pratiqué en ville, même devenu à la mode, « symbole de modernisme et de citoyenneté », écrit la sociologue Claudine Philippe (1).
Le jardinage est devenu tellement branché que les hurluberlus de la Silicon Valley ont imaginé un potager connecté ! « Avec FarmBot Genesis, plus besoin d’apprendre le jardinage, les saisons et les espèces de plantes pour déguster les légumes du jardin. Il faut simplement avoir un œil sur son smartphone avant d’aller récolter« , s’extasie un journaliste de BFM TV. Et si le jardinage connaissait un regain d’intérêt justement parce qu’il permet, aussi, la déconnexion, la coupure ? « Le mot jardin vient du germanique « Garten », qui signifie enclos. Historiquement, le jardin est le lieu de l’accumulation du « meilleur » : meilleurs fruits, fleurs, légumes, arbres, meilleur art de vivre, meilleures pensées… », écrit Gilles Clément, célèbre jardinier-paysagiste (2). Déconnectons-nous et partons loin de la toutosphère, à la découverte du meilleur.
(1) « Jardiniers du bitume »

Les Xérographes 160 pages couleurs format 15 x 20 cm 20 €
(2) Le jardin planétaire »

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Loisirs Tourisme, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.