« L’entreprise libérée » – Itinéraire d’un patron qui ne voulait pas être chef

Le Temps 11/05/207

Dans «Le patron qui ne voulait plus être chef», Alexandre Gérard, l’un des principaux acteurs de «l’entreprise libérée», raconte comment il a abandonné sa posture verticale de patron «omnisachant, omnipotent» pour adopter humblement celle d’une oreille à l’écoute.
Dwight Morrow avait coutume de dire: «Il y a deux catégories d’hommes: ceux qui veulent être quelqu’un et ceux qui veulent faire quelque chose.» Alexandre Gérard, auteur du livre Le patron qui ne voulait plus être chef (éd. Flammarion), se situe dans cette seconde catégorie. En 2009, à la tête d’une entreprise menacée par le dépôt de bilan, il réalise que sa façon de diriger n’est pas adaptée à une grosse PME confrontée à une crise économique majeure et décide donc de révolutionner son mode de management.
Désormais, Chrono Flex se passera d’organigrammes, de pyramides factices d’ego inutiles, de contrôles de qualité, de services d’expédition, de ressources humaines, de reporting, de réunions qui ne servent à rien sinon à caresser la mégalo du chef, bref, en un mot, de toutes les «machines à fliquer» qui cassent l’agilité de l’entreprise.

Au nom de quel principe? L’homme est bon. Il aime naturellement le travail autant que le loisir. Mieux: lorsqu’il est placé dans des conditions adéquates, il y voit un moyen d’épanouir sa créativité et il recherche les responsabilités. «La plupart des patrons font le pari opposé, à savoir que l’homme est foncièrement mauvais, note Alexandre Gérard. C’est la raison pour laquelle ils verrouillent le local à fournitures, installent des mouchards et des pointeuses et paient des gardes-chiourmes pour traquer la baisse de cadence du paresseux. A supposer toutefois qu’il soit bon, que d’argent gaspillé à fliquer, à payer les salaires de tous ces gens qui coûtent de l’argent – le sous-chef, le sous-sous-chef – sans rien rapporter».
Il ajoute que cet argent peut être mieux employé. «Seuls 3% des individus trichent et ne respectent pas les règles du jeu. Arrêtons de manager pour les seuls 3%. Les brebis galeuses en profiteront? Sans doute. Mais elles pèseront toujours moins lourd dans la colonne des «dommages» que les coûts délirants d’une structure conçue à seule fin de les empêcher de nuire.»
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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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