Le président français Macron au Mali pour souligner les engagements extérieurs

La France veut une « impulsion franco-allemande pour que l’Europe joue un rôle croissant dans les dossiers de sécurité et de défense, dont ceux de l’Afrique et du Sahel ».
Moins d’une semaine après son entrée en fonctions, le président français, Emmanuel Macron, se rend vendredi à la base de Gao, au Mali, avec l’ambition non seulement d’afficher sa « détermination » à poursuivre l’engagement au Sahel, mais aussi de l’inscrire dans la perspective d’une coopération renforcée avec l’Allemagne.
Il entend compléter l’action militaire par une stratégie d’aide au développement, comme le réclament plusieurs organisations humanitaires, a fait savoir son entourage. Il sera accompagné par ses ministres Jean-Yves Le Drian (Europe et affaires étrangères) et Sylvie Goulard (armées), ainsi que par le directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Rémy Rioux.
A son arrivée, il sera accueilli par son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keïta, avec qui il s’entretiendra sur la lutte contre le terrorisme, le dossier sahélien (notamment son volet politique) et la difficile mise en œuvre des accords de paix de 2015. Le nouveau chef des armées compte également s’adresser aux 1 600 soldats déployés à Gao dans le cadre de l’opération « Barkhane », et se fera présenter les différentes composantes du dispositif.
L’Elysée a choisi Gao car il s’agit de la plus importante base des forces françaises engagées à l’extérieur. Plus encore que François Hollande, le nouveau président souhaite mettre l’accent sur la coopération internationale avec les autres pays européens en matière de lutte contre le terrorisme, et notamment avec l’Allemagne, premier contributeur de la Minusma, mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali. La France veut une « impulsion franco-allemande pour que l’Europe joue un rôle croissant dans les dossiers de sécurité et de défense, dont ceux de l’Afrique et du Sahel ». Une question déjà évoquée lundi avec la chancelière Angela Merkel.
Autre volonté affichée : articuler davantage l’approche militaire avec les politiques de développement, comme en témoigne à ses côtés la présence du directeur général de l’AFD. Les organisations humanitaires estiment que la seule approche militaire ne résoudra pas les violences secouant le Mali. La politique française en Afrique est trop « purement militaire » et doit « investir dans le secteur de la gouvernance », en particulier dans la « lutte contre l’impunité », en « réorientant son aide publique vers la justice », plaide ainsi la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), qui dénonce « un niveau d’insécurité sans précédent ».
Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida. Ceux-ci ont été en grande partie repoussés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France. Cependant, des zones entières échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et onusiennes, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes.

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