Tapie remboursera… un de ces jours

Le Canard Enchaîné – 17/05/2017 – Hervé Martin –
Condamné à rembourser les 400 millions (440 si l’on compte les intérêts) qu’il a reçu grâce à l’arbitrage truqué d’Adidas, Tapie croit avoir trouvé l’astuce pour échapper à la mise ne vente de ses biens. Le 15 mai, devant le tribunal de commerce de Paris, ses avocats ont présenté « un plan de sauvegarde« , par lequel il s’engage à rembourses ses dettes… dans un délai de sept ans. C’est-à-dire d’ici 2024, l’année où il soufflera sa 84ème bougie. 

Si l’on considère ses hôtels particuliers à Paris et à Neuilly, ses maisons à Saint-Tropez ou à Combs-la-ville, le groupe de presse de La Provence (comprenant également Corse-Matin et Var-Matin), dont il détient 89 %, ses contrats d’assurance-vie, etc., Tapie posséderait 478 millions. Petit bémol : cette évaluation ne résulte pas d’une expertise officielle – les trois experts judiciaires désignés par le tribunal de commerce ont été récusés par Nanard – mais celle de Wingate, un cabinet de conseil financier privé rémunéré par Tapie lui-même. d’où le gros doute de Stéphane Gorrias, mandataire judiciaire de ses sociétés, qui a confié au Canard « avoir du mal à valoriser exactement les actifs de Tapie et le montant de son passif« . 
Deuxième problème : le plan de sauvegarde prévoit que les annuités de remboursement de Tapie augmentent progressivement , passant de 20 millions la première année à 120 millions la septième. Et où Nanard va-t-il trouver cet argent ? L’essentiel des remboursements proviendrait de ce que lui rapporte La Provence (3 millions l’année dernière), dont il pourrait céder une partie du capital; ça semble un peu juste. Pas grave, puisque, à l’exception du CDR, les créanciers de Nanard – parmi lesquels ses liquidateurs judiciaires – viennent d’accepter le plan de sauvetage. La décision sera rendue le 6 juin, près d’un quart de siècle après la vente d’Adidas.

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