Bonheur au travail : possible ou pas ?

Essentiel Santé magazine – juin 2017  Amélie Pelletier –
Être heureux au travail, s’y épanouir. Hier encore, des mots bien contradictoires, mais aujourd’hui, une véritable aspiration des salariés. Comment les entreprises relèvent-elles le défi ?
Dans un pays comme la France qui associe souvent le travail à la contrainte, difficile de concevoir que l’on peut être heureux au travail. Stress, surmenage, dépression… La souffrance au travail est toujours d’actualité à l’heure où la reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle est en plein débat. Pourtant, depuis quelques années, le bonheur au travail est un objectif assumé, notamment par les jeunes générations qui poussent les entreprises, petites et grandes, publiques ou privées, à repenser leur organisation. »Plus qu’un effet de mode, c’est une véritable tendance de fond », assure Fabienne Broucaret, fondatrice de My Happy Job, un magazine sur Internet consacré au bien-être au travail. 
Et Gaël Chatelain, consultant en management, conférencier et auteur, spécialiste du bien-être en entreprise, d’ajouter « Depuis la vague de suicides intervenue il y a quelques années dans une grande société et la médiatisation croissante des risques psychosociaux, les entreprises se montrent plus attentives au bien-être au travail. Il est établi aujourd’hui qu’un collaborateur bien dans sa tête est plus efficace ». 10 à 25 % de l’efficacité d’un salarié est imputable à son bien-être psychologique : l’entreprise a donc tout intérêt à s’en préoccuper. Car les enjeux sont nombreux. en termes de productivité, déjà. Les salariés heureux s’engagent davantage, sont plus créatifs et font preuve de moins d’absentéisme. »
Attention, toutefois, à ne pas se contenter de mesures cosmétiques. « Apporter des chouquettes ou mettre un babyfoot à disposition ne suffisent pas. Il faut une approche globale qui tienne compte du rythme de vie, du management, du cadre de travail… » met en garde Fabienne Boucaret.
Équilibre entre vie pro et vie perso : la clé du bonheur ?
Pour 93 % des français, le bonheur au travail passe avant tout entrez une vie professionnelle et une vie personnelle. Mais seuls 37 % considèrent que leur employeur se préoccupe de cette question. Pourtant, les choses évoluent. L’accord national interprofessionnel du 19 juin 2013 sur la qualité de vie au travail insiste notamment,; dans son article 11, sur l’importance de « favoriser une meilleure conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle par une articulation adaptée des temps ». Plus récemment, la loi Travail, votée  en 2016, a introduit le droit à la déconnexion pour les entreprises de plus de 50 salariés. « Certaines sociétés ont anticipé. Je pense notamment à ce constructeur automobile qui coupe ses serveurs e-mails entre 18h15 et 7 heure du matin; ou encore aux salariés de ce fabricant de pneumatiques qui reçoivent une alerte quand ils se connectent plus de cinq fois par mois en dehors des heures de travail » ajoute Gaël Chatelain. De même, certaines structures interdisent de programmer des réunions avant 9h30 et après 18h.
Autre solution pour faciliter la vie des salariés : mettre à leur disposition un ensemble de services pratiques sur leur lieu de travail : crèche d’entreprise, soutien scolaire, conciergerie (pressing, cordonnerie, retouche, billeterie…). plus besoin de courir entre midi et deux ou après le travail pour réaliser toutes ces tâches du quotidien. 
L’entreprise, un lieu de prévention
Au-delà de ses obligations en matière santé et de sécurité, avec la généralisation de la complémentaire santé pour tous les salariés du secteur privé depuis le 1er janvier 2016, l’entreprise devient un véritable acteur de santé. L’une des pistes de prévention privilégiées est l’activité physique. Si l’idéal est d’avoir un espace dédié, il existe des solutions moins onéreuses : s’inscrire en équipe à des courses de solidarité, faire venir un professeur de yoga, organiser des séances d’échauffement musculaire pour lutter contre les troubles musculo-squelettiques… Et parce que la santé passe aussi par l’assiette, certaines entreprises remplacent par exemple les distributeurs de barres chocolatées par des corbeilles de fruits frais, proposent des menus plus équilibrés à la cantine ou un accompagnement diététique. D’autres encouragent les fumeurs à s’arrêter en prenant en charge les produits de substitution ou en organisant des séances de sensibilisation.
Un management plus à l’écoute
Et le rôle manager dans tout cela ? Là aussi, les choses évoluent. Avec les nouvelles forme d’organisation du travail et la mise en place de politiques RSE (responsabilité sociale et environnementale des entreprises), le management basé sur la confiance et la bienveillance tend à se développer. le télétravail et les horaires flexibles gagnent du terrain. Moins de perte de temps dans les transports, mais surtout un gage de confiance auquel les collaborateurs sont sensibles.
Car les salariés heureux sont ceux qui se sentent reconnus, responsabilisés et écoutés par leur direction. « Pour valoriser leurs collaborateurs, certains managers organisent des sessions ou chacun partage ses compétences avec des collègues, même (et surtout) si elles sortent du cadre de son travail. L’objectif et de récréer du lien entre mes salariés pour remettre de l’humain au cœur de l’entreprise« , analyse Fabienne Boucaret.
S’il ne suffit pas à rendre les gens heureux, l’agencement des espaces de travail contribue également à un bien-être. Un cadre agréable entretient la motivation et le plaisir à venir travailler chaque matin. Sièges ergonomiques, bureaux dont la auteur est réglable pour éviter le mal de dos, espaces de détente… Chaque entreprise agit, selon ses moyens bien sûr. L’idée est de créer une ambiance épanouissante qui incite à l’engagement.
Autant de solutions à la portée des entreprises qui souhaitent travailler avec des collaborateurs épanouis… pour le bonheur de tous !
La Plazza, un espace modulable propice aux échanges informels, à la détente, à la restauration et au travail à deux ou trois. La salle à manger se transforme en salle de réunion hors midi. Le but est aussi de favoriser les flux, de profiter d’un café pour dialoguer de manière conviviale, etc. Un peu comme dans une colocation.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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