A rebours des États-Unis, l’Inde et la Chine accélèrent sur le climat

Challenges – 02/06/2017 – Nicolas Stiel –
La Chine et l’Union Européenne s’apprêtent à signer un texte les engageant à contribuer à un fond pour aider les pays les plus pauvres à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Et samedi, le réchauffement climatique devrait s’inviter largement au sommet franco-indien.
Une femme portant un masque alors qu'elle marche sur un pont au dessus d'une autoroute à Pékin, en décembre 2015.
La Chine a décidé de faire de la lutte contre la pollution une priorité.
 » Make our planet great again« . Emmanuel Macron n’a pas tardé à réagir au retrait de Washington de l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique. Dans une déclaration en anglais, le président français s’est payé la tête de Donald Trump en détournant son célèbre slogan  » Make America great again.  » Le chef de l’Etat a dit que son homologue a commis  » une erreur » pour les intérêts de son pays et  » une faute  » pour l’avenir de la planète. Il en a profité pour appeler les scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs américains à venir travailler en France sur  » des solutions concrètes  » pour le climat. Là encore un joli pied de nez à l’adresse de Trump, car en général, ce sont les talents français qui traversent l’Atlantique et viennent grossir les rangs de la Silicon Valley. Pourrait-on assister à un mouvement inverse ? Thierry Lepercq, directeur général adjoint d’Engie, en charge de la recherche, de la technologie et de l’innovation, le croit. L’ancien fondateur de Solairedirect souligne que Tony Fadell, l’inventeur du thermostat Nest racheté par Google, vit à Paris et que d’autres entrepreneurs pourraient le rejoindre.  » Avec le geste de Trump, il y a une carte à jouer formidable, estime-t-il.  Mais pour attirer les ingénieurs américains, il faut un écosystème, il faut créer un élan industriel, multiplier les projets et les labos dans un esprit start-up.« 
Soutien fort de Pékin et New Delhi 
En rejetant les accords de Paris, les États-Unis rejoignent le club très fermé des pays non signataires, à savoir le Nicaragua et la Syrie. Cette dénonciation n’aura pas d’effets immédiats car selon l’article 28 du texte les pays souhaitant se soustraire à l’accord ne peuvent le faire qu' » à l’expiration d’un délai de trois ans à compter de la date de son entrée en vigueur.  » Ce qui veut dire que le retrait officiel des États-Unis n’interviendra pas avant fin 2020. Soit juste au moment de la nouvelle élection américaine. La décision de Donald Trump n’en a pas moins suscité un tollé. Aux États-Unis, plusieurs grands patrons pas spécialement écolos comme Jeff Immelt de General Electric, Bob Iger de Disney ou Lloyd Blankfein de Goldman Sachs ont exprimé leur désapprobation. Quant à Elon Musk, PDG de Tesla, il a annoncé qu’il quittait les différents cénacles de grands patrons conseillant Donald Trump. La décision du président américain a aussi déclenché une vague de condamnations à l’international.

Cet après-midi à Bruxelles, l’Union européenne et Pékin vont diffuser un texte à l’issue d’une rencontre entre les responsables européens et le Premier ministre chinois Li Kegiang. Texte dans lequel ils annonceront leur contribution au financement d’un fonds annuel de 100 milliards de dollars d’ici 2020 pour aider les pays les plus pauvres à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Demain, le Premier ministre indien Narendra Modi va rencontrer Emmanuel Macron à Paris. Les discussions porteront bien sûr sur l’aéronautique de défense (en septembre, Paris avait signé avec New Delhi la vente de 36 avions de chasse Rafale). Mais suite au retrait de Washington de l’Accord de Paris, la question climatique s’est invitée au menu.  » Des choses importantes vont être annoncées samedi « , indique Thierry Lepercq. Troisième pollueur de la planète derrière la Chine et les Etats-Unis, l’Inde, grand consommateur de charbon, s’est engagée dans un vaste mouvement de transition énergétique. Le sous-continent est avec la France le membre fondateur de l’Alliance Solaire Internationale qui regroupe 120 pays. Lors de la COP21, New Delhi avait affiché des objectifs ambitieux en matière d’énergies vertes : produire d’ici à 2022, 175 gigawatts d’électricité à partir de renouvelables, dont 100 gigawatts de solaire. Aujourd’hui, la volte-face de Trump n’y change rien, l’Inde n’entend pas remettre en cause son engagement.  

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