Législatives 2017 – Objectif : le Bien Commun

Ouest-France le 17/06/2017
Dimanche, les Français sont invités à prendre part au second tour des élections législatives. L’abstention a atteint un vrai record lors du premier tour des législatives. Tout le monde politique, la presse aussi, s’en sont inquiétés, y voyant un désintéressement majeur de nos institutions démocratiques. Pourtant, l’explication principale est évidente : la plus grande partie de l’électorat s’est trouvée brusquement désarçonnée.
Les deux grandes formations politiques à droite et à gauche ayant pratiquement explosé en divisions multiples et en nombreuses candidatures, les électeurs concernés, désabusés, ont manifesté leur désarroi et même leur dégoût en restant chez eux. Ils n’étaient pas encore prêts à voter pour les représentants d’un Président quasiment inconnus. Ils attendent de voir. De plus, chez beaucoup d’électeurs, on a senti une certaine lassitude après cette année électorale qui n’en finit pas. Enfin, de toute part, on nous avait dit que les jeux étaient faits..
C’est une majorité absolue qui se dessine en faveur du Président. Après la peur de ce que révèle l’abstention, on trouve tout d’un coup « la mariée trop belle », la majorité trop puissante et l’on s’effraie à nouveau car cela pourrait produire un pouvoir sans contre-pouvoir s’exerçant de façon de plus en plus autoritaire. La démocratie serait donc encore en danger de ce fait ! Pourtant, il y a dans ces législatives le signe d’une cohérence de la part de l’électorat du Président. Celui-ci est élu. Il faut qu’il ait, avec son gouvernement, les moyens d’agir.
Hurler contre ce pouvoir en l’accusant, avant qu’il ne s’exerce, de devenir forcément absolu, c’est oublier par exemple d’où nous venons. Le Parti socialiste n’avait-il pas concentré entre ses mains, lors du dernier quinquennat, les principaux pouvoirs – la présidence de la République, la majorité et la présidence de l’Assemblée nationale, le plus grand nombre des régions, de nombreux conseils généraux et mairies, etc. – sans que personne ne s’en offusque vraiment ?
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Ne pas se laisser griser
Cela dit, il faut que s’ouvrent des espaces de discussions et d’échanges entre les diverses formations politiques rescapées et à l’intérieur même de cette nouvelle majorité. Mme Cécile Muschotti, élue de La République en Marche, s’exprime dans Libération (1) et répond à la question sur le danger de l’unanimisme à l’Assemblée : « Ceux qui pointent le danger de l’hégémonie n’ont pas compris ce qui se déroulait. En Marche propose une nouvelle façon de penser la démocratie en laissant une place totale au débat d’idées et à la réflexion collective contre les batailles partisanes. Dans le groupe La République en Marche, il y aura des gens de droite, de gauche, du centre, qui acceptent de travailler ensemble pour enrichir un projet commun. Il y aura plus de débats que dans un parti traditionnel. Quelque part, on assainit le fonctionnement de la démocratie. Honnêtement, il est encore difficile d’imaginer à quoi cela va ressembler, mais on va enfin sortir du système stérile « majorité contre opposition » qui bloque le pays. Il y aura des espaces de débat avant d’arriver à la prise de décision, au point d’équilibre. C’est un bol d’oxygène. »
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Au chef de l’État, au Premier ministre, à chaque ministre de se mettre à l’écoute. Que les nouveaux élus ne se laissent pas griser mais au contraire apportent leurs compétences et leur expérience pour enrichir des débats contradictoires et ne cessent de viser le Bien Commun et le rétablissement de la France y compris dans l’Union européenne. Cette Union européenne qui a perdu hier un de ses bâtisseurs, Helmut Kohl, et qu’Emmanuel Macron a revalorisée et veut relancer.
(1) Libération du 13 juin 2017.
François Régis Hutin

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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