Consommer autrement, consommer mieux, les nouveaux consommateurs

Magazine gratuit Biocontact – juillet/août 2017 – l’édito de Jean-Pierre Camo –

Commençons par « nouveaux ». Mieux informés par les médias et les réseaux sociaux, de plus en plus consommateurs s’interrogent désormais avant d’acheter :
– Ce produit est-il fabriqué localement ?
– Dans quelles conditions environnementales et sociales ?
– Bénéficie-t-il d’un label sérieux ?
– Est-il inoffensif pour la santé ?
– Génère-t-il des déchets non recyclables ?
– Est-il conçu pour durer ?
Appelons cela « consommer mieux ».
Se poser les bonnes questions est un préalable, mais la finalité reste quand même d’acheter. Alors posons-nous d’abord LA question qui supplante toutes les autres : « Ai-je vraiment besoin d’acheter ce produit ? » Car, oui, il arrive bien des fois où le « nouveau consommateur » ne consomme pas !
Qu’on ne se méprenne pas : ne pas consommer, ce n’est pas se priver ! Au-delà des évidentes économies réalisées, ne pas consommer, c’est aussi :
– tenter de réparer avant de jeter et racheter ;
– troquer ou pratiquer le prêt ;
– partager des tâches (travaux, menus services, outils) entre voisins ;
– ne pas remplacer un objet dont on n’a plus l’utilité ;
– produire soi-même (cuisine, jardinage bio, énergie renouvelable, bricolage…) ;
– économiser ses ressources (eau, électricité, essence…) ;
– se désencombrer ;
– réduire sa consommation de produits carnés ;
– renoncer aux achats inutiles…

Ici, un petit effort (vite récompensé) s’impose : évaluer ses vrais besoins, vitaux, cela va de soi, mais aussi ceux qui nous facilitent la vie, créent du lien social, nous libèrent du temps, nous épargnent du stress. Bref, ceux essentiels à une qualité de vie plus épanouie, tout simplement !
Après le « consommer-mieux », voici le « consommer-moins ». Certes, touchées par la crise économique,de plus en plus de personnes ne connaissent que trop bien ce que signifie « consommer moins ». Soumises à cette contrainte qui n’est pas un choix, elles excellent souvent dans les bonnes astuces citées plus haut. Mais en faisant la chasse aux faux besoins et au gaspillage, un « consommer-moins » bien pensé peut non seulement éloigner de la misère mais aussi beaucoup apporter en termes de qualité de vie.
S’il est difficile de ne rien consommer du tout – ne jouons pas les Robinson Crusoé – essayons, au moins, de « consommer autrement ». D’aucuns diront même qu’acheter est un acte politique.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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