Sénégal – Coup d’envoi de la campagne législative

Le Monde 10/07/2017
C’est un record : plus d’une quarantaine de partis ou coalitions présentent des candidats aux prochaines élections législatives sénégalaises, soit le double du précédent scrutin, en 2012.
Pour la première fois, la diaspora sera représentée à l’Assemblée nationale. Quinze sièges de députés ont été spécifiquement créés après une révision constitutionnelle de mars 2016, portant leur nombre à 165. Lancée hier, la campagne doit durer vingt jours. Le Sud, Le Soleil

Des partisans du Parti démocratique Sénégalais (PDS) brandissent des affiches avec leur leader, l’ex-président Abdoulaye Wade, devant le siège du parti, le 23 avril 2014. SEYLLOU / AFP
Afin de réduire le temps du vote prévu le 30 juillet, l’Assemblée a adopté jeudi un texte autorisant les électeurs à ne prendre avant de se rendre à l’isoloir que cinq bulletins – au lieu de la totalité, obligatoire jusqu’ici. La chaîne de télévision TFM a réalisé une simulation de cette nouvelle disposition. Par ailleurs, si nécessaire, le vote pourrait être prolongé au-delà des heures de fermeture des bureaux, rapporte Dakar Actu.
Derrière ce scrutin se cache la présidentielle de 2019, son véritable enjeu, souligne Le Quotidien. Le président, Macky Sall, a d’ailleurs choisi son premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, comme tête de liste de sa coalition, Benno Bokk Yakaar. Son objectif : défendre le bilan du gouvernement. Un Livre blanc, publié vendredi, retrace ses réalisations depuis son élection en avril 2012, constate le média en ligne Rewmi.

L’opposition avance dispersée. Les tentatives de rassembler une large coalition avaient échoué, à la fin de mai. En France depuis plusieurs mois, l’ancien président Abdoulaye Wade, au pouvoir de 2000 à 2012, conduit la liste de la Coalition gagnante Wattu Senegaal. Ses partisans l’attendent à Dakar cet après-midi. A 91 ans, il a repris les rênes du Parti démocratique sénégalais (PDS) pour tenter de mettre fin aux défections et aux luttes fratricides. Gorgui – « le vieux », en wolof – préparerait le terrain pour la candidature en 2019 de son fils Karim, exilé au Qatar à la suite de sa condamnation pour enrichissement illicite. Jeune Afrique
L’autre présidentiable potentiel de l’opposition, Khalifa Sall, a, lui, été emprisonné moins de cinq mois avant ces législatives, pour détournement de fonds présumé. Le maire de Dakar doit répondre de dépenses non justifiées de plus de 2,7 millions d’euros prélevées dans les caisses de la capitale. Ses avocats ont saisi la justice pour que lui soit accordée une liberté provisoire afin de faire campagne pour sa coalition, Mankoo Taxawu Senegaal. La décision a été renvoyée au 20 juillet, soit une semaine avant les élections. Walf Quotidien
Face à la profusion de listes et aux tensions politiques, les élections s’annoncent mouvementées, d’après nombre d’observateurs, d’autant qu’une partie des électeurs n’ont pas encore reçu les cartes d’identité leur permettant de voter. « Macky n’a fait aucune réforme efficace… Wade a pillé ce pays pendant douze ans », estime l’analyste politique Mody Niang, qualifiant le scrutin de « farce ». Dakar Actu, Deutsche Welle

A propos kozett

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