Éthiopie : l’agroforesterie plus forte que la famine

L’âge de faire  – juillet/août 2017 – N.B. avec Le Monde – 
L’Éthiopie connaît depuis deux ans l’une des pires sécheresse de son histoire. Le gouvernement estime à dix millions le nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire. L’agriculture nationale a été dévastée par ce phénomène climatique, poussant la population à l’exode rural.
Dans le nord du pays, pourtant, les habitants ont décidé de na pas abandonner leur village de Abreha We Atsbeha. Ils ont préféré accepter la proposition de l’État : servir de laboratoire pour expérimenter de nouvelles méthodes agricoles. Après deux années, le travail intensif fourni par les habitants paye. « Nous faisons nos récoltes trois fois par an… » se réjouit ainsi l’un deux.

Pour y parvenir, il a d’abord fallu creuser des centaines de puits, aménager des terrasses pour cultiver à flanc de montagne, construire des digues pour retenir l’eau. Les paysans ont également dû changer leurs pratiques agricoles, en appliquant les principes de l’agroforesterie : ils ont instauré le compostage, ont mis en place la rotation des cultures et les ont diversifiées. Ils ont également planté de nombreux arbres, notamment des acacias Faidherbia albida. Ces immenses arbres ont le double avantage de procurer de l’ombre aux orangers, manguiers et avocatiers, ainsi que d’enrichir la terre en azote. Par ailleurs, les gousses sont récoltées pour nourrir le bétail… et ce n’est pas fini : les abeilles se régalent de leur nectar et fabriquent ainsi un excellent miel qui s’exporte jusqu’en Europe.

Les habitants de Abreha We Atsbeha, qui continuent à travailler en collaboration avec des chercheurs pour procéder à de nouvelles expérimentations, semblent s’être mis à l’abri de la famine. Le chef du village, Abo Hawi,a désormais la mission de dupliquer ce modèle aux communes avoisinantes. Il est aussi amené à expliquer la réussite du modèle agroforestier à travers le monde, ainsi que les bénéfices que chacun peut en tirer : « Quand une personne possède des terres, peut travailler et manger à sa faim, elle aune autre option que de traverser la Méditerranée…« 

Lire : Le village éthiopien qui ne craint plus ni la sécheresse ni l’exode (Le Monde 28/07/2016)

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