Disparition – Le comédien Claude Rich est mort

L’acteur est décédé jeudi 20 juillet à l’âge de 88 ans, après avoir joué dans une cinquantaine de pièces de théâtre et près de 80 films.

LE MONDE | 22.07.2017
Le comédien Claude Rich est mort, jeudi soir 20 juillet, à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille vendredi 21 juillet. Sourire gourmand et regard malicieux, l’acteur a vécu mille et une vies en soixante ans de carrière, des Tontons flingueurs à Panoramix au cinéma en passant par quelques grands personnages historiques au théâtre.
« Messieurs Claude Rich », comme l’avait surnommé le journaliste Claude Roy, était l’un des derniers Tontons flingueurs (1963). Dans le film de Georges Lautner, il incarnait l’impertinent Antoine, marié à la « nièce » de Lino Ventura.

« Je m’amuse beaucoup »
Passionné d’histoire, Claude Rich, né le 8 février 1929 à Strasbourg, affectionnait les rôles de grands personnages – Talleyrand, Mazarin, Voltaire ou Blum. Il a joué au total dans une cinquantaine de pièces et près de quatre-vingts films. « Je m’amuse beaucoup à faire ce métier, parce que je suis moi tel que je l’ai toujours été mais je suis aussi quelqu’un d’autre », confiait de sa voix subtile, un peu voilée, cet Alsacien grandi à Paris après la mort précoce de son père.
« Je n’ai jamais été un saint », ajoutait-il avec une pointe de regret teinté d’ironie. Catholique convaincu, il confessait avoir rêvé de jouer Charles de Foucauld (moine français mort en 1916), dont il a longtemps gardé la photo dans son portefeuille en raison de « son besoin d’absolu ». Claude Rich restait marqué par son enfance – « je ne m’en suis jamais vraiment remis » – et par sa mère, qu’il ne quittera que pour se marier avec la comédienne Catherine Renaudin, avec laquelle il a eu deux filles, Nathalie et Delphine.

Claude Rich en 1968. – / AFP
A la Libération, il a 14 ans et goûte le bonheur sur le boulevard Saint-Michel, où sa famille habite : « Je découvrais d’abord les filles, les femmes, je découvrais le chocolat, les Gauloises, tout ce qu’il y a d’extraordinaire ! » Il commence à travailler comme employé de banque mais lorgne le théâtre. En 1953, il sort du Conservatoire avec un deuxième prix de comédie. Sur les planches, il jouera aussi bien l’aristocrate dans Château en Suède, de Françoise Sagan (1960), que l’enfant dans Victor ou les enfants au pouvoir, de Roger Vitrac (1963).
Un Talleyrand d’anthologie
Très vite, le cinéma l’appelle aussi, avec Les Grandes Manœuvres, de René Clair (1955). « Le grand écran m’apporte beaucoup, mais le théâtre, c’est le vrai métier de l’acteur », observait-il. « On vit au théâtre, avec la troupe, on va boire des verres, on dîne ensemble, on reparle de la représentation et on espère, le lendemain, refaire la même chose en progressant. »
En 1975, pour le théâtre justement, il se lance dans l’écriture avec Le Zouave. Le mauvais accueil de la critique ne l’empêche pas d’écrire trois autres pièces (Un Habit pour l’hiver en 1979, Une chambre sur la Dordogne en 1987 et l’adaptation du roman de Sandor Marai, Les Braises, en 2003).
Il contribue aussi au travail du dramaturge Antoine Rault, pour lequel il est le philosophe Louis Althusser dans Le Caïman (2005), le cardinal Mazarin dans Le Diable rouge (2008) ou un scientifique faustien dans L’Intrus (2011). En 1989, il campe un Talleyrand d’anthologie dans Le Souper, de Jean-Claude Brisville. Mais c’est la transposition de la pièce au cinéma qui lui offre un César du meilleur acteur en 1993.

Vidéo le souper dailymotion
« Je suis heureux »
Au cinéma, il joue souvent les seconds rôles et passe du jeune premier des années 1960 à l’acteur élégant prisé des plus grands réalisateurs : Le Crabe-Tambour (1976), L’Accompagnatrice (1992), Le Colonel Chabert (1994). Il n’hésite pas à devenir le druide Panoramix d’Astérix et Obélix (2002).
« Il est comme un joueur de jazz qui fait chaque fois des variations différentes, pour le plaisir, pour épater », dit de lui Bertrand Tavernier, avec lequel il a tourné plusieurs films et qui aime « sa jeunesse, sa folie, son inventivité », mais aussi « ses angoisses et ses doutes, sa discrétion » et puis « ses fous rires ».
Claude Rich a été actif sur les planches comme sur grand écran jusqu’à l’âge de 86 ans. Sa dernière apparition au cinéma remonte au Ladygrey (2015) d’Alain Choquart.
« Je suis heureux », confiait-il encore récemment en revenant sur les rôles de sa vie, reconnaissant jouer chaque pièce comme si c’était la dernière : « J’ai la chance de jouer sans me fatiguer et celle, surtout, de continuer à m’amuser. »

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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