Economie – APL, comme Aller Plus Loin (dans la réforme)

L’Opinion 02/07/2017 Rémi Godeau
Editorial – Comme ils embrassent avec bonheur la douce facilité de la démagogie ces militants du « Touche pas à mon APL » ! A eux la morale, contre un gouvernement condamné d’avance pour oser réduire une aide sociale en même temps qu’il allège l’ISF. A eux la bonne conscience lorsqu’ils se présentent en défenseurs des plus démunis face aux supposés protecteurs des riches et des fraudeurs. Et puisque la caricature ne les arrête pas, à eux la solution à tous nos maux : toujours plus.
Sans doute l’exécutif a-t-il eu tort de raboter – de 5 euros par mois ! – sans concertation ni méthode les aides personnalisées au logement. Imposé par l’urgence budgétaire de 2017, ce faux pas politique a pourtant une vertu : exposer dans toute sa rudesse la situation alarmante du pays.
Record européen, nos dépenses publiques sont vertigineuses alors même que l’hôpital, l’université, la police ou la justice crient famine. Autre record européen, nos prestations sociales accaparent plus de 30 % de la richesse produite quand pauvreté et précarité minent l’unité nationale. Et il faudrait s’interdire de réfléchir à l’efficacité d’un système redistributif à bout de souffle ?
Trop longtemps, la facilité a consisté à laisser filer les déficits, au détriment de la souveraineté nationale, et à accroître la pression fiscale, jusqu’à étouffer un secteur privé qui n’en peut mais. L’échec de cette fuite en avant a mené au chômage de masse, toléré au prix de nouvelles allocations payées à crédit… C’est ce cercle vicieux qu’il faut casser. Car la dérive des aides sociales traduit moins une société plus protectrice qu’un « modèle » obsolète devenu producteur d’inégalités et d’inefficiences. En rupture avec les vieilles pratiques mortifères, le gouvernement doit garder son cap : simplifier et cibler afin de dépenser moins, mais mieux.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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