Maladie de Lyme – « Ce n’est pas 17 ans que j’ai mais 80 », témoigne Pauline

Cette lycéenne vivant à Nouvoitou, près de Rennes, n’a pas le souvenir d’avoir été piquée par une tique. C’est grâce à la perspicacité d’un médecin que la maladie a pu être diagnostiquée.
Pauline, 17 ans, est atteinte de la maladie de Lyme, qui se transmet par une piqûre de tique infectée par une bactérie de la famille des spirochètes. 
La difficulté du diagnostic réside dans le fait que les personnes atteintes ne font pas le rapprochement entre la morsure de tique et la borréliose de Lyme. C’est notamment le cas de cette lycéenne qui a accepté de raconter son quotidien à Ouest-France :
« Je marche comme une vieille dame »
« J’ai eu 17 ans en mars. J’ai dit à maman : ce n’est pas 17 ans que j’ai, mais 80 ans. Je marche comme une vieille dame. Je n’ai plus d’énergie. Je suis abattue. À cette fatigue constante s’ajoutent des douleurs articulaires permanentes, du mal à parler, à trouver mes mots, à me concentrer. Mon état s’est dégradé si rapidement, en l’espace de six mois ! Je connaissais la maladie de Lyme, sans imaginer ce qu’elle était. Je ne me souviens pas avoir été piquée par une tique. Si c’est le cas, c’était probablement avant 2011. Je me plaignais de douleurs au talon. À l’époque, les médecins ont conclu à la maladie de Sever, une pathologie de la puberté liée à la croissance.
Depuis septembre 2014, je suis une formation dans une section de JSP (jeunes sapeurs-pompiers), à L’Hermitage. Et le 10 septembre 2016, pendant une manœuvre de base, j’ai ressenti une douleur à la cuisse, comme une élongation. Cette douleur ne m’a jamais quittée, malgré le repos qui m’était conseillé, les anti-douleurs et les anti-inflammatoires.
J’ai consulté un médecin généraliste, passé une échographie. Rien n’a été vu. Un médecin du sport m’a remis une ordonnance pour un examen IRM. Rien non plus. La douleur était pourtant de plus en plus forte. J’avais des fourmillements dans les jambes. Des séances chez le kiné n’ont pas amélioré la situation.
« Mon moral n’est pas trop mauvais »
Nous avons pris alors rendez-vous auprès d’un autre médecin, non-conventionné. Il m’a prescrit des analyses de sang. J’ai aussi été soumise au test EliSpot, capable de détecter la bactérie transmise par une tique infectée, à des niveaux de concentration infimes. Celui-ci coûte très cher, presque 300 €. Il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale. D’autres recherches par analyse de sang ont été faites, pour mesurer les co-infections qui s’ajoutent à la maladie de Lyme. Nous avons déboursé en tout 800 €.
De nombreuses études scientifiques montrent que l’érythème migrant, la tache rouge au point de la piqûre de tique, n’est présent que dans une partie des cas. En l’absence d’érythème, les autres symptômes de la maladie de Lyme sont souvent confondus avec d’autres pathologies. Le professeur Perronne, médecin et chercheur, l’explique de manière claire et précise dans son livre La Vérité sur la maladie de Lyme.
Le 2 janvier, on a mis un nom sur ma souffrance. Ça ne m’a pas inquiétée. Mis à part le sport que je ne pratiquais plus, je menais une vie normale. Mais la liste de mes symptômes augmentait. Troubles de la vue, maux de ventre, crampes… Aujourd’hui, c’est si dur… Mon moral n’est pas trop mauvais, mais physiquement, ça ne va pas.
« Pas à mon âge, n’est-ce pas ? »
Depuis le 30 janvier, j’ai fréquenté mon lycée pendant seulement sept jours. Le temps de voir ce qu’il y a d’écrit sur le tableau, de le recopier et je suis à la traîne. Mes copains de classe savent. Ils m’attendent, parce que je marche moins vite qu’eux.
Marisol Touraine a lancé le Plan national de lutte contre la maladie de Lyme. Moi, je vis au jour le jour. Je prends un traitement à fortes doses d’antibiotiques. J’en change tous les mois, en espérant qu’on trouve celui qui va stabiliser la maladie et qui fera disparaître mes symptômes.
Même malade, je ne me laisserai pas décourager. Pas à mon âge, n’est-ce pas ? »
Ouest-France  08/06/2017 Recueilli par Angélique CLÉRET.
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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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