Vienne – Le quinoa, la petite graine qui monte dans le Poitou

La Nouvelle République 07/08/2017
Venu des plateaux andins, le quinoa avait déjà conquis les consommateurs. Sa culture se développe à présent dans le Haut-Poitou et la vallée de la Vienne.

POITIERS PATRICK LAVAUD

A Mirebeau, Fabien Charrais teste quatre variétés de quinoa sur 8 ha, cette année. – (Photos Patrick Lavaud)
 Entre les tournesols et les maïs, une plante inhabituelle a fait son apparition dans la grande plaine céréalière du Haut-Poitou, cet été. Les épis bien garnis au sommet de hautes tiges pouvant atteindre un mètre cinquante commencent même à arriver à maturité à la sortie de Mirebeau où Fabien Charrais a testé quatre variétés de semences sur huit petits hectares. Pour commencer.
Traditionnellement cultivé sur les hauts plateaux andins – au Pérou, en Bolivie et en Équateur –, le quinoa semble se plaire sous nos latitudes où il a déjà conquis les consommateurs. Riche en protéine et sans gluten, cette céréale, qui n’en est pas vraiment une, offre une alternative réjouissante aux pâtes et au riz. Au point que la France est devenue le premier marché en Europe.
Aux portes de l’Anjou où un investisseur américain a fait breveter plusieurs semences, développé une filière et entraîné deux cents agriculteurs dans la culture du quinoa, le Poitou se convertit à son tour.
Avantage à la culture biologique
Le climat local est adapté : cette graine n’aime ni le gel, ni les fortes chaleurs, pas plus que les sols trop humides et la sécheresse. « La principale contrainte est de trouver des variétés qui ne soient pas sensibles à la variation de la durée des jours selon les saisons », explique Fabien Charrais qui n’a pas souhaité rejoindre la filière angevine, très intégrée, pour rester indépendant.
Avant lui, deux exploitants de la vallée de la Vienne s’étaient déjà lancés dans l’aventure. A Lhommaizé et à Civaux, Pierrick Girault et Bruno Courault cultivent une dizaine d’hectares de quinoa, de manière conventionnelle mais raisonnée, depuis l’an dernier. Leur première récolte a été remarquable et la deuxième est prometteuse.
« L’expérience de la culture est concluante mais la commercialisation n’est pas évidente, reconnaît Pierrick Girault. Nous sommes présents dans plusieurs magasins de producteurs de la région et nous ciblons la restauration collective. Plusieurs écoles et collèges de la Vienne, comme Henri-IV à Poitiers, nous ont fait confiance. La Société poitevine de restauration collective aussi. Mais nous devrons trouver d’autres débouchés. Pour l’instant, c’est dur… »
C’est que la demande des particuliers porte essentiellement sur la production biologique. A Mirebeau, Fabien Charrais qui n’a pas attendu le quinoa pour convertir son exploitation au bio est déjà assuré d’écouler sa production dans les quatre magasins Biocoop du département. La société coopérative du Pois Tout Vert lui a même demandé d’investir dans des sacs en coton bio réutilisables d’une capacité de 10 kilos pour faciliter la manutention et participer à la réduction des emballages. A découvrir au rayon vrac dès l’automne prochain.
 Voir la vidéo :

à savoir :
> Une enveloppe naturelle de saponine, une substance parfois utilisée comme détergent, plus ou moins importante selon les variétés, recouvre les grains de quinoa. Avantage : c’est un pesticide naturel qui limite le recours aux traitements chimiques. Inconvénient : les grains doivent être brossés avant d’être commercialisés et il est recommandé de rincer le quinoa avant de le faire cuire en raison du goût amer de la saponine.
 > La cuisson du quinoa est simple : 10 à 15 minutes dans 1,5 à 2 fois son volume d’eau. Le quinoa peut ensuite se consommer chaud ou froid, en salade.
 > Le quinoa n’est pas seulement sans gluten, il est riche en zinc, en fer, en vitamine B2, en protéines végétales et en acides aminés équilibrés.
 > A Mirebeau, Fabien Charrais ne cultive pas seulement le quinoa. Avec sa nouvelle société Faenum, il s’apprête aussi à commercialiser des lentilles, des graines de tournesol décortiquées, du sarrasin décortiqué et de l’alfalfa à germer.
Baptiste Bize
Vienne – Civaux, Lhommaizé, Mirebeau –

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