Politique – Emmanuel Macron entend  » donner du sens  » à son action

La Nouvelle République 31/07/201
Après une semaine parlementaire marquée par de nombreuses polémiques, Emmanuel Macron a sommé ses ministres de “ donner du sens ” à son action.

La ministre de la Justice Nicole Belloubet et le ministre des Relations avec le Parlement Christophe Castaner. – (AFP)
Entre le tollé provoqué par la diminution des Aides pour le logement (APL) et les cafouillages à répétition à l’Assemblée nationale, la semaine a été rude pour la majorité. Des controverses qui ont visiblement agacé Emmanuel Macron. Vendredi, il a sommé ses ministres de réagir : « Si on sait donner du sens, on évite les petites polémiques ».
Car de l’aveu même de certains membres du gouvernement, les nombreuses réformes entreprises par la majorité font un peu désordre, et la popularité d’Emmanuel Macron s’effrite. « Le président nous a encouragés à réfléchir au fait que chacune de nos décisions soit dans une logique de sens […] les Français nous comprennent toujours quand on les amène sur une logique de sens », a commenté Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres vendredi.
D’autant qu’à la rentrée, le train des réformes chères au gouvernement va repartir de plus belle.
Les chantiers qui attendent les députés sont conséquents : ils vont notamment devoir s’attaquer à la réforme du code du travail par ordonnance et aux projets de loi de finances et de loi de finances de la Sécurité sociale, de gros dossiers qui ne manqueront pas de provoquer là aussi leur lot de polémiques.
Dimanche, dans les colonnes du Journal du dimanche, François de Rugy, président de l’Assemblée nationale, a lui aussi remis les pendules à l’heure. « Attention à ne pas anecdotiser la vie politique ! », a-t-il mis en garde. La semaine, en la matière, a été particulièrement riche dans l’hémicycle.
Après plusieurs incidents notables – par exemple le rejet par erreur d’un amendement pourtant validé en commission, par les députés LREM, sous la vice-présidence de Sacha Houlié, élu de la Vienne –, les députés de l’opposition n’ont eu de cesse de critiquer l’inexpérience des députés La République en Marche (LREM), novices pour la plupart. François de Rugy a tenté de faire oublier ces cafouillages, fustigeant des « formes de bizutages » à l’encontre des nouveaux députés.
« Cela fait à peine un mois que l’Assemblée siège. Forcément, quand 72 % des députés sont des nouveaux députés, il y a une période de rodage. Mais l’Assemblée est au travail », explique-t-il, balayant d’un revers de la main les critiques dont lui-même a fait l’objet ces derniers jours.
Et de poursuivre : « J’ai été élu pour présider l’Assemblée nationale mais aussi pour la réformer ». Il veut s’attaquer à la procédure législative pour accélérer le processus législatif, au statut des collaborateurs, traçabilité des dépenses des parlementaires…
Dans son collimateur aussi, la retraite des députés, qu’il souhaite aligner sur le régime général, et la suppression de la gratuité sur le réseau SNCF dont bénéficient jusqu’à présent les anciens députés ayant fait plus de trois mandats (qui représente 800.000 euros par an). Des réformes qui, là aussi, risquent de faire grincer bien des dents.
Gaëlle Le Roux

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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