Éditorial. Peut-on ou non réformer notre pays ?

Ouest-France  12/08/2017 par François Régis Hutin
Alors que les vacances du gouvernement se profilent, pour François Régis Hutin, il est important que la majorité en place soit soutenue par ceux qui l’ont élue afin de permettre au pays d’aller de l’avant. Même si certaines annonces sont rigoureuses.

Le Président Emmanuel Macron, s’adressent aux parlementaires réunis en Congrès à Versailles, le 3 juillet dernier. | Reuters
Il faut bien le reconnaître, mais en ce début de vacances gouvernementales nous avons l’impression d’être dans le flou. Pourtant les choses sont claires : nous avons un Président à la manoeuvre ; une majorité parlementaire que l’opposition s’est efforcée d’abaisser, mais elle est là et c’est elle qui fait la loi comme il se doit. Cafouillages, couacs n’empêchent rien et les choses avancent.
Mais voilà tous les prophètes de malheur qui annoncent difficulté sur difficulté, prédisent affrontements, doutent à l’avance de la fermeté du gouvernement et du président de la République. Ainsi l’incertitude se répand et nuit à la cohésion de l’action. Les vacances ne sont pas commencées et voici qu’on pense aux difficultés de la rentrée.
On reproche au président de la République de vouloir s’occuper de tout mais, en même temps, de ne pas s’exprimer suffisamment. Il est vrai qu’il serait souhaitable de l’entendre sur les perspectives de l’action entreprise, c’est-à-dire la réforme de la France en profondeur grâce à une démocratie vivifiante.
C’est bien à cela qu’il faut parvenir, c’est l’essentiel. Mais, question : les Français veulent-ils réformer ou encore repousser au lendemain ? Si l’on veut réformer, il faut accepter les annonces d’économies, même si elles sont rigoureuses.
Retrouver notre crédibilité en Europe
On comprend la déception des petites entités territoriales privées de ces subventions. On comprend que l’on puisse regretter de devoir abandonner ou retarder tel projet voté conformément aux désirs des gens, mais c’est tout de même bien peu par rapport à l’enjeu principal : le redressement financier de la France, la cessation de l’augmentation de la dette, l’arrêt de la hausse des remboursements.
C’est en empruntant cette voie que nous retrouverons le chemin d’une économie porteuse d’avenir, créatrice d’emplois. C’est également ainsi que nous retrouverons notre crédibilité et notre capacité d’influence et d’action en Europe. Alors, nous pourrons parler de nouveau départ, de nouvel essor pour notre pays qui vaut la peine qu’on fasse tous les efforts nécessaires dans ce but. Il importe donc que le gouvernement et le président de la République maintiennent ce cap avec la plus grande détermination.
Il est essentiel que cette majorité soit soutenue par ceux qui l’ont élue. Le monde est tellement instable autour de nous que, sans cohésion nationale, nous serons balayés. Voici ce qu’il ne faut pas oublier. Le président de la République doit nous le rappeler sans cesse et ce n’est pas qu’une affaire de communication, mais d’action et d’explication. Rendez-vous à la rentrée.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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