Indre-et-Loire – La Touraine dit adieu à un ami

La Nouvelle République 13/08/2017

Demain après-midi auront lieu les obsèques de Gonzague Saint Bris, à Amboise, où il sera enterré. Sa disparition, à 69 ans, continue de susciter une vraie émotion en Touraine.

Qui d’autre que lui pouvait réunir en une journée, à quatre heures trente d’Orient Express de Paris, 150 grands noms de la littérature, de la chanson, des médias, qu’il servait sur un plateau depuis 22 ans au public de La Forêt des livres ?
Demain, les cloches de la collégiale Saint-Denis d’Amboise sonneront le glas pour Gonzague Saint Bris.
Sa famille, ses amis, beaucoup d’anonymes aussi diront adieu à l’enfant du pays.
Depuis mardi et l’annonce de son décès accidentel sur une route de Normandie, les hommages des Tourangeaux affluent de toutes parts. Lui-même serait peut-être surpris du flot de témoignages d’affection, de sympathie ou de reconnaissance que sa disparition suscite.

Passée la stupeur, les Tourangeaux ont dit leur peine, dont beaucoup qui ne connaissaient Gonzague Saint Bris qu’à travers les journaux, la radio ou la télé. Comme s’ils lui savaient gré d’avoir été le meilleur promoteur qui soit de leur Touraine, terre d’histoire, d’art de vivre et de beaux esprits.
A Amboise, à Chanceaux, à Loches, à Tours, à Saché, à Richelieu, partout où il allait, Gonzague était chez lui. La Touraine brillait dans ses yeux.
C’est aux Tourangeaux qu’il réservait toujours la primeur de ses nouveaux ouvrages, lors de ces séances de dédicaces qu’il affectionnait tant, dans les petites librairies de campagne ou en ville.
Un fabuleux conteur d’histoires…

Gonzague Saint Bris, ici à son bureau de son chalet des chasseurs, à Chanceaux
Complice des stars comme des bénévoles de la Forêt des livres, il restait très lucide sur ceux qui l’entouraient. Même s’il pouvait donner l’impression, parfois, d’être un peu décalé face à la normalité… Raconteur d’histoires hors pair, le griot de la forêt de Chanceaux avait un goût très prononcé de la mise en scène, parfois de lui-même. Et sans doute cachait-il ainsi sa part de tragique, dans ce personnage haut en couleurs, théâtral, fantasque et jubilatoire que nous lui connaissions.
Lui qui aimait tant organiser les fêtes et animer les banquets avait aussi un lien très personnel, quasi charnel, avec la nature, la forêt, les rivières et la mer. Dès qu’il apercevait un cours d’eau, il fallait qu’il s’y jette, même en plein hiver ! Cet homme-là était aussi protéiforme qu’il fut constant dans ses engagements, fidèle à son public, aux auteurs et à ses amis.
Le roman de sa vie s’est achevé dans la nuit de lundi à mardi sur une route de Normandie, peu après minuit. Après l’inauguration d’une « Cow Parade » burlesque qu’il avait présidée et un dîner en amoureux, à Deauville. L’académicien Jean-Marie Rouart * qui a écrit un joli texte dans Paris Match en hommage à son vieil ami, a évoqué le « pathétique de sa mort ».
Demain, à Amboise, la Touraine s’associera au monde des lettres, des arts, de la politique et des médias, qui rendra hommage à celui qui avait fait de cette phrase de Balzac sa propre devise : « J’appartiens à ce parti d’opposition qui s’appelle la vie ! »
Les obsèques de Gonzague Saint Bris auront lieu lundi 14 août à 14 h, en la collégiale Saint-Denis d’Amboise, suivies de l’inhumation au cimetière.
Pascal Landré  Indre-et-Loire – Patrimoine

Gonzague Saint Bris : « Adieu mon ami »

Paris-Match
  Jean-Marie Rouart de l’Académie française
* Jean-Marie Rouart rend un hommage vibrant à son ami Gonzague Saint Bris, journaliste, écrivain et historien, décédé mardi . 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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