Le festival Dans les Jardins de William Christie 2017 ouvre ses portes !

Le pionnier du renouveau du baroque a allié ses deux passions le temps d’un festival dans son domaine au sud de la Vendée

William Christie a deux passions. La musique baroque, qu’il a été un des premiers à faire redécouvrir à la tête de son ensemble Les Arts florissants. Et le jardin.

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Pas n’importe lequel : le sien. Celui qu’il a fait sortir de terre, autour du bâtiment, un logis de la fin du XVIe  siècle qu’il a acquis en  1985 dans le sud de la Vendée, à Thiré. Depuis 2012, à la fin du mois d’août, cet ensemble exceptionnel est ouvert au public – en plus des périodes habituelles de début juillet et du mois de septembre – dans le cadre d’un festival qui porte bien son nom :  » Dans les jardins de William Christie « .

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Ce jardin pluriel, son concepteur, qui est né à Buffalo, dans l’Etat de New York, et dont le père était architecte, le décrit lui-même, calé dans son imposant fauteuil d’époque, devant la cheminée seigneuriale. Plus qu’une histoire des jardins qu’il aurait voulu illustrer,  » c’est un jardin éclectique, avant tout d’inspiration européenne « . Et surtout selon son goût. Qu’il a eu le temps de former à Harvard, puis lors de visites érudites à l’occasion de ses innombrables tournées.

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© Le Monde
Car William Christie n’est pas  » totalement analphabète « , dit-il non sans humour. Il n’y a pas de références aux jardins de lettrés chinois, par exemple : le modèle de l’extraordinaire théâtre de verdure est à chercher du côté des  » chinoiseries  » en vogue en Hollande dès le XVIIe  siècle.

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Dans la cour d’honneur, les deux pins parasols dits  » d’Atys  » évoquent l’opéra de Lully. Quant aux jardins, nés de la complicité avec Joseph Ripaud, un pépiniériste vendéen aussi exigeant qu’attachant, ils sont un agencement savant d’allées ombragées, de sous-bois et de bosquets, de parterres et de terrasses où règnent l’if et le buis taillés.

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Les topiaires, quand elles ne sont pas strictement géométriques, à la manière des jardins italiens de la Renaissance, se voient surmontées d’oiseaux sculptés dans le végétal. Leur dialogue muet avec les volées de pigeons paons d’un blanc éclatant qui s’échappent régulièrement d’un délicieux pigeonnier aurait eu sa place dans Le Roi et l’Oiseau

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La pinède évoque les ruines romaines qui séduisirent tant les voyageurs fortunés au XVIIIe  siècle. Il y a même, dans un sous-bois, un jardin éphémère. Et c’est dans l’herbe, sur les marches ou sous les frondaisons que se sont produits, pour des dizaines de concerts ou d’ateliers, les musiciens et chanteurs des Arts florissants ou les artistes invités de la prestigieuse Juilliard School de New York, devant des centaines de spectateurs ravis d’être là.
Un des clous du festival, une -conversation à l’ombre des platanes entre Henry-Claude Cousseau, discret et élégant conservateur du patrimoine, et l’écrivain Erik Orsenna, sur le thème des jardins dans la littérature, a rassemblé de nombreux auditeurs attentifs. Dont un monsieur irascible qui s’en est pris à un spectateur  » malpoli «  (William Christie lui-même, fort interloqué) qui avait osé s’asseoir au premier rang…

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Les sourires perdureront avec les mots choisis de ces conteurs subtils qui convoqueront Gœthe, Saint-Simon, Montaigne ou Vivant Denon. Erik Orsenna, auteur du Portrait d’un homme heureux : André Le Nôtre, racontera Versailles, les exigences royales, les projets inaboutis de détournement de la Loire ou de l’Eure pour  » contenter les fontaines « 

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 » Louis XIV  » en son domaine

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Versailles, qu’il est difficile de ne pas évoquer quand, depuis les terrasses et le grand parterre, on fait face à ce qui constitue le joyau du domaine : le miroir d’eau (70 mètres de long, tout de même), avec, à l’arrière-plan, sa colonnade de charmes, la colline, les pins au loin et la grotte de rocaille.

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William Christie est sur scène, au clavecin, heureux de communiquer son bonheur.
© Le Monde

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http://www.Les arts florissants.com/

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